Ladyboy VS Yakuzas, l’île du désespoir [Manga de T.Sakurai]

Sorti chez Akata, Ladyboy VS Yakuzas se présente comme un survival manga… Mais rien qu’avec le pitch de l’éditeur : « Il était une fois, 100 pervers en slip lancés à la poursuite d’un transsexuel malgré lui » on comprend direct que ca va être un drôle de survival ^^

Synopsis

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Kôzô Kamashima était un jeune yakuza plein de potentiel. Oui, mais voilà… Ce jeune voyou a eu la mauvaise idée de coucher avec la fille ET l’épouse de son big boss !

Et comme chez les yakuzas tout se sait, le big boss fou de rage décide de se venger et sa punition sera terrible ! Il fait opérer le pauvre Kôzô, pour lui retirer… ses bijoux de famille et le transformer en femme !

Le voilà devenu un transsexuel malgré lui et ses souffrances ne font que commencer.  Kôzô a à peine le temps de se remettre de sa transformation totale en fille qu’il doit déjà subir une épreuve encore plus terrible : son boss le largue sur une île déserte où il a pris soin de réunir les 100 pires criminels sexuels du Japon.

Ces derniers, privés depuis des années de présence féminine, voient en l’arrivée de « la » pauvre Kôzô un signe du destin : enfin, ils vont pouvoir assouvir leurs pulsions sexuelles.

Commence une terrible course poursuite entre Kôzô (pas encore habitué(e) à son nouveau corps) et une bande de détraqués sexuels fous furieux prêts à tout pour violer le jeune transsexuel… Y compris à s’entretuer !

Verdict

WTF !? (What The Fuck !?) ! Rarement une collection a aussi bien portée son nom. Et à la lecture des premières pages de Ladyboy VS Yakuzas c’est clairement l’expression qui vient directement à l’esprit…

Car si vous pensiez mettre la main sur un énième survival manga dans le genre de ceux qu’on trouve à la pelle chez Ki-oon par exemple (Doubt, Judge, King’s Game…) vous êtes loin, mais très loin du compte ! Rien qu’avec le pitch, on comprend vite qu’on est dans un tout autre registre…

Imaginée par un auteur spécialiste du gekiga, cette série en 5 tomes a été encensée par les libraires japonais (Élu meilleur survival manga en 2013) et lance à elle toute seule un nouveau genre de survival : le freaks survival ! Et le premier chapitre donne parfaitement le ton : rapide, efficace, déluré, marrant voire complètement débile…  et très-très porté sous la ceinture !

L’intrigue complètement perchée est présentée avec efficacité en quelques pages pour nous plonger directement dans une ambiance à la fois trash, fun et décalée, donnant un résultat qui ne fait clairement pas dans le subtil ou le politiquement correct. Et tout le premier tome continue sur cette lancée, puisque le délire continue et monte crescendo dès que Kôzô est jeté(e) sur l’île et se retrouve poursuivi(e) par des centaines de mecs en slip n’ayant qu’un seul objectif : se le/la faire au plus vite, par tous les moyens possibles et imaginables afin de pouvoir quitter l’île au plus vite ! Mais surtout pour assouvir leurs pulsions sexuelles avant tout ! Et pour ça, la fin justifie les moyens comme on dit^^

gallery_474_9_44837.jpgLa série fleure bon la galerie de personnages tous plus à l’ouest et malsains les uns que les autres…

Malgré ce style totalement WTF assumé, cela n’empêche en rien l’auteur de poser une vraie base à l’histoire et même à créer une vraie intrigue autour du passé et de l’enfance de Kôzô. Dur à croire à la lecture des premières pages, mais vrai. Je le répète: amateurs de bon gout, fuyez ! Car Lady Boy VS Yakuzas atomise dès les premières pages toute trace de bon gout… En effet, ce titre est farci d’un humour très cru et gras, limite trash, quasiment uniquement axé sous la ceinture, que ce soit dans ses dialogues ou ses dessins.

Ici on est constamment « borderline » (on y parle notamment de viol, pédophilie, sodomie etc…) et même si c’est totalement assumé et voulu, il faut savoir dans quoi on s’embarque et savoir le prendre au 26e degré^^

Les ficelles, les situations ou les rebondissements sont parfois tellement exagérés et énormes qu’ils en deviennent juste parfaites et mettent tout le WTF du récit en valeur. Le tout servi par une narration dynamique, nerveuse et plus qu’efficace. Néanmoins au cours du récit certains évènements et certaines actions ne manquerons pas de surprendre, tout en donnant du sens et de la profondeur au titre.
Oui, j’ai bien dit de la profondeur !  Car c’est ça qui est hallucinant dans Ladyboy VS Yakuzas, tout n’est pas que bites, couilles , nichons… Si toutefois on se donne la peine de gratter un peu, de prendre le tout au 36e degré et de voir ou l’auteur veut en venir…

Si Lady Boy VS Yakuzas fonctionne aussi bien (pour ceux qui aiment ce genre évidemment^^) c’est parce que Toshifumi Sakurai, l’auteur, ne se fixe vraiment aucune limite, il s’affranchit et joue avec tous les codes du survival manga ce qui tranche radicalement avec les autres titres du même genre. Tout y passe, vraiment tout ! Et c’est tellement énorme, idiot et débile que ça en devient presque génial ! Une vraie claque dans la gue***  qui tient parfaitement en 5 tomes !

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Quant aux dessins, sans être ni moche, ni beau, ils fonctionnent parfaitement avec le côté « décalé » du titre… Quelques problèmes de proportions, des gueules de yakuzas pas possibles et des attributs plus que mis en avant, même le dessin va dans la surenchère pour contribuer à toute cette ambiance WTF ! Ici on se retrouve avec une œuvre hilarante et décalée qui renouvelle vraiment le genre et qui nous change agréablement de ces trop prévisibles survival manga, sortis à la pelle ces derniers temps.

A condition bien sûr qu’on soit un minimum ouvert et réceptif à cet humour gras (limite trash) et très porté sous la ceinture, aux dialogues crus et pipi-caca voire carrément vulgaires dont les pages sont parsemées. Si vous êtes prêt à vous lancer dans un titre au mauvais gout clairement assumé, à l’humour ras-du-slip, Ladyboy VS Yakuzas devrait vous combler… Si par contre vous vous attendez à un énième survival ou simplement à un manga relativement classique dans le fond ou la forme vous serez clairement déçu !

A la fin de chaque tome on retrouve l’hilarant « Dictionnaire des criminels sexuels », un vrai petit bijou de mauvais gout ^^ Ce dictionnaire est composé de fiches sur les différents pervers de l’ile. Le tout servi sur un taf impeccable d’Akata…

Cette publication est un pari osé de la part d’Akata, mais moi, je dois bien avouer qu’il m’a laissé sur le cul ce Ladyboy VS Yakuzas, et que des mangas aussi originaux et barrés j’en lirais bien plus souvent ^^

 

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