Prisonnier Riku

Des shônen manga, il en sort un nouveau quasiment toutes les semaines … Si pour beaucoup, ils se suivent et se ressemblent, ce n’est clairement pas le cas de Prisonnier Riku paru chez Akata. Et en tant qu’amateur de shônen je me devais de me pencher dessus.

Synopsis éditeur

prisonnier-riku-1Dix ans déjà qu’une météorite s’est écrasé sur Tokyo, séparant la métropole en deux : d’un côté, une ville réservée aux riches, de l’autre, un terrible bidonville, véritable zone sinistrée et de non-droit. C’est là que vit le jeune Riku. Malgré un quotidien difficile, il prend la vie comme elle vient, aux côtés de son grand-père. Mais quand ce dernier est assassiné, car il voulait révéler au peuple les magouilles et trafics des grandes institutions, le quotidien du pauvre Riku bascule… en enfer !

Accusé d’un meurtre qu’il n’a pas commis, on l’envoie dans une prison de haute sécurité, aux côtés de terribles gangsters et autres chefs de gangs. Il y devient très vite la tête de turc de ses co-détenus. Et pourtant… grâce à sa rage, à son envie de survivre, mais surtout celle de venger son grand-père en dévoilant au monde la réalité du système, il devra trouver en lui la force pour faire sa place au sein de la prison… et peut-être même de s’en évader ?

Verdict

Alors là, ça faisait bien longtemps qu’un shônen ne m’avais pas collé une telle claque !

Si le postulat de départ, un huis clos dans une prison, est déjà un thème pas banal pour du shônen, le récit que nous livre ici l’auteur est du pur bonheur à 1000 lieux des classiques du genre…

Ici pas de héros surpuissant ou naturellement doué, pas de pouvoirs, de mages, de ninjas, de Power-Up de dernière minute ou que sais-je encore….

Petit, faible et absolument pas préparé à l’univers carcéral, Riku notre héros en prend littéralement « plein la gueule » et dès les premières pages ! Mais si il est faible, ce n’est que physiquement, car sa volonté elle, est inébranlable et c’est pas les coups ou les brimades qui le feront fléchir.

Prisonnier-Riku (3).jpg

Et même si la situation de départ: Un Tokyo post-apocalyptique séparé en deux par un mur (hum!? ça me rappelle quelque chose !?) est un poncif du manga plusieurs fois utilisé, on en fait rapidement abstraction car l’auteur arrive à subtilement jouer avec ces codes classiques du shônen manga…

Même Riku transpire le Héros de shônen ultra classique ; Orphelin, abandonné et livré à lui-même…Mais c’est là que s’arrête les similitudes ! Dès le 3e chapitre on sent qu’on est face a quelque chose de différent, plus mûr, plus riche, plus profond qu’un shônen de base. Et surtout on sent directement que l’auteur sait où il va ! Les nombreux ingrédients sociaux et ancrés dans la dure réalité (d’abord du bidonville, puis de la prison), transforme l’histoire et poussent petit à petit à la réflexion.

Si en plus, le tout est livré dans un excellent manga de baston, avec un récit captivant et prenant, que demander de plus ?

Certains passages sont violents, durs et crus (le ponçage des doigts pour éviter la rébellion des nouveaux par exemple) mais permettent de vraiment saisir les rites et les difficultés de la vie en prison et de la dureté de ce monde.

Outre Riku, la galerie de personnages développé par Shinobu Seguchi (l’auteur) est riche, hautes en couleurs et une palette de la société : du faible au fort, en passant par le maton corrompu ou la brute épaisse cachant un lourd secret, tous amènent quelque chose au récit, bon ou mauvais… Certains trouveront la musculature de certains prisonniers exagérée mais on reste quand même dans du shônen manga , ne l’oublions pas !

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Le contexte carcéral est très bien retranscrit (à croire que l’auteur y a effectué un séjour ^^), le récit immersif, nerveux et captivant. Dur-dur de voir arriver la fin d’un tome et de ne pas avoir le suivant :/

Dans les 2-3 premiers tomes on retrouve cette tension, cette découverte de la prison qu’on avait pu apprécier dans la 1ere saison de Prison Break : Le danger, les matons, les co-détenus, les codes, le jargon, les rites… Et contrairement à la série TV sus-nommée, dans Prisonnier Riku on ne perd pas en qualité (que du contraire) ^^

Difficile de ne pas faire la comparaison avec le début de Rainbow et leur thème similaire ou JoJo’s Bizarre Adventure – Stone Océan qui se déroule aussi dans l’enceinte d’une prison mais sans être aussi immersif ou aussi détaillé dans son approche du contexte carcéral… Et comme on est quand même dans du shônen, (on l’oublierait presque^^) les guerres et les rivalités entre les gangs de la prison (ici ce sont d’abord des menuiseries) rappellent des titres comme Racailles Blues, Bakuon Rettô ou Shonan Ai Gumi /Young GTO avec leurs bastons monumentales, la volonté inébranlable ou l’abnégation des protagonistes face à l’adversité ou aux difficultés…

Le dessin de Prisonnier Riku sans être « somptueux » est quand même très joli et colle parfaitement à du shônen manga, même si ici on est très éloigné des classiques du genre ! Il a un petit côté rétro qui colle assez bien à l’ambiance du manga… Certains dessins d’ouverture de chapitres sont juste sublime et le dessns se bonnfie et s’affine tome après tome !!!

Akata, l’éditeur nous livre ici un taf nickel !

Pages couleurs en début de tome, résumé et présentation des personnages, pages bonus en fin de tome, impression propre et sans bavures… Bref, du tout bon ! Alors certains diront que les tomes sont un peu petit et maigre, mais la pagination est la même que ceux des autres manga du genre. Ce qui est très plaisant c’est que Prisonnier Riku sort à un rythme relativement régulier, l’attente n’est donc pas (trop) longue entre les tomes et chaque tome et dense et riche en contenu.

Très éloigné des shônen dont on a désormais un peu trop l’habitude même si il en contient tous les codes , Prisonnier Riku est un récit prenant et immersif qui gagne pages après pages en qualité, intensité et maturité. Rien d’étonnant que la série se soit imposé dès ses premiers chapitres comme un titre phare du « Weekly Shônen Champion », le magazine japonais de prépublication qui publia entre autres : Baki ou Saint Seiya : The Lost Canvas.

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Plus haut j’ai fait un parallèle avec la série TV Prison Break, Akata a réalisé une campagne promotionnelle inspirée de la série Netflix « Orange is the new black  » en reprenant le principe et en le modifiant en « Blue is the new black » (les tenues de prisonniers dans le manga étant bleue), le parallèle est plutôt sympa ^^

Prisonnier Riku c’est LE Shonen actuel que se doivent de lire tous les amateurs du genre et tous ceux voulant découvrir une histoire qui prend aux tripes et que l’on vit avec les héros pages après pages !

Après des titres comme Ladyboy VS Yakuza, Dans l’intimité de Marie ou Bloody Delinquent Girl Chainsaw (notamment), encore une excellente pioche pour les éditions Akata !

Découvrez les 64 premières pages : http://www.akazoom.fr/prisonnier-riku-t1

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