Mermaid Saga [Manga de Rumiko Takahashi]

Début des années 2000 j’avais découvert ce conte noir de Rumiko Takahashi. Mais un seul tome était sorti… Il est désormais réédité en intégralité et évidemment vu que j’attends la suite depuis 20 ans, j’ai craqué.

Rumiko Takahashi est surtout connue pour Lamu, Ranma 1/2 ou Maison Ikkoku, des titres ou l’humour et la galéjade ne sont jamais bien loin. Pourtant de 1984 a 1994, elle publie ponctuellement des chapitres d’un conte noir et assez pessimiste qui seront finalement rassemblés sous forme de recueils. Ces 9 histoires en 16 chapitres formeront Mermaid Saga.

9782344047927-001-tParce qu’il a mangé la chair d’une sirène, Yuta est devenu immortel. Depuis des siècles, il traverse le Japon à la recherche d’une de ces femmes-poissons qui pourra enfin lui permettre de vieillir. Mais ces créatures envoûtantes sont aussi belles que dangereuses et c’est dans le sang et les sacrifices qu’il va les retrouver…

On découvre donc Yuta, immortel de son état à la recherche d’un moyen d’enfin crever. Apres pres de 500 ans de déambulations, il fini par trouver des sirènes qui pourraient peut être enfin le délivrer. Mais ici on est loin des sirènes qu’on connait genre la statue sympa a Copenhague ou Ariel de Walt Disney. Ici on est dans le folklore japonais et il est plus juste de parler de Bakemono (qui est a la différence de l’Obake est toujours néfaste) que de sirène. Mais bon c’est surtout pour être pointilleux (et parce que je viens de lire un truc sur des Yokai et autres), sirène ça marche très bien dans le fond, car les bestioles dont il est question ici, ont aussi un corps mi-quelque chose mi-poisson.

Bref, ici les sirènes sont pas cools, par exemple pour s’assurer l’immortalité et une beauté éternelle, elle procède a un étrange rituel. Tous les 100 ans, elles « trouvent » un bébé de sexe féminin et l’élève en lui faisant manger de la chair de sirène en vue de la bouffer pour retrouver jeunesse et beauté. Et comme les sirènes prendront l’apparence de la personne qu’elles mangeront il faut attendre le moment T histoire de pas se retrouver avec un corps de bébé ou d’enfant…

Voilà voilà…

Comme j’ai dit plus haut, on est loin des comédies habituelles de Takahashi qui livre ici un thriller fantastique, noir, cruel et pessimiste. Et si Yuta (rejoint dès le 1er chapitre par Mana) est en quête de quelque chose, la plupart des personnages croisés dans ce périple se complaisent dans leur immortalité qui les as rendus cyniques, égoïstes, cruels ou qui le sont devenus en cherchant justement a consommer cette fameuse chair de sirène. Y’a juste un petit problème, c’est que c’est quitte ou double; où on devient immortel ou on se transforme en abomination (en monstre en gros).

C’est noir, violent et explicite. Rumiko Takashi est sans concessions et livre un récit qui parle de l’absurdité de cette quête d’éternité, de ce que certains peuvent faire pour y arriver. Sous la forme d’un voyage, on accompagne Yuta et Mana dans sa quête de réponse. Et j’ai bien dit sa quête. Mana, même si c’est le protagoniste qui évolue le plus durant le récit en s’ouvrant au monde et en prenant conscience de la dureté de leur situation ne fait dans le fond que suivre Yuta. Et pour Yuta qui en 500 ans a perdus tant d’êtres chers, Mana qui est comme lui devient une présence rassurante. Mais pourtant il n’oublie pas sa quête et son envie d’en finir avec son statut d’immortel. Même si au fil du récit on peut interpréter que cette quête devient dans le fond juste un leitmotiv, un but pour continuer d’avancer…

Vous aimez les petites blagounettes et les running-gags typiques de Takahashi qui poppent au détour d’une case comme dans Ranma ou Maison Ikkoku? Et bien y’en a pas. Y’a pas une once d’humour dans ces 2 tomes, juste un récit cru, dur, intimiste comme si elle dévoilait ou expurgeait dans Mermaid Saga tout son coté sombre. Et pourtant on retrouve cette « patte Takahashi » dès les premières pages et en plus c’est un excellent récit prenant et rythmé dans lequel on se laisse embarquer mais qui n’a malheureusement pas de vrai fin. Peut être qu’un jour entre deux séries , Takahashi en profitera pour nous livrer quelques chapitres et pourquoi pas une conclusion aux péripéties de Yuta et Mana…

Niveau composition et dessins, si on retrouve le trait inimitable de Rumiko Takahashi comme le récit, ici tout est plus sombre, dense. Certains disent par exemple que les planches de Maison Ikkoku sont vides, dépouillés, perso je les trouves lumineuses et pures. En comparaisons, dans Mermaid Saga, son trait est plus lourd, plus marqué, ses planches plus chargées et sombres ce qui appuient aussi sur cette atmosphère plus sombre et tranche avec la plupart de ses autres titres.

Coté édition Glénat livre 2 volumes moyen format de bonne facture, jaquette en vernis sélectif, même si c’est un peu dommage d’avoir coupé les illustrations de couvertures pour mettre le titre. Papier et impression correcte même si certaines pages semblent assez floues. Mais c’est peut être le matériaux d’origine qui est comme ça, i dunno, mais ça manque quand même de pages couleurs selon moi. Chez eux c’est classifié en Seinen, mais il s’agit bien d’un Shōnen vu que ça a été prépublié dans le Shōnen Sunday.

En résumé un titre sombre, cru et captivant aux antipodes de ce que propose habituellement Takahasi, mais qui pourtant en possède toutes les spécificités et cette patte inimitable…

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