Country Girl [Manga]

Je crache jamais sur un bon petit récit « slice of life » qui peuvent se révéler de très bonnes surprises. Généralement ancré dans la « réalité », c’est souvent bien foutu et prenant. Si en plus c’est annoncé complet en 2 tomes, je fonce.

Ça raconte quoi ?

Dans une ville de province peu peuplée, Mikihiko et ses trois amies d’enfance vivent une vie de collégiens épanouissante.
Hélas, depuis son échec à l’examen d’entrée au lycée, Mikihiko vit reclus chez lui. C’est ainsi que les quatre amis prirent des chemins différents et se perdirent de vue. Keiko qui éprouve beaucoup de tendresse pour Mikihiko décide quelque temps plus tard de tout faire pour l’aider à se relever… et reconstruire cette amitié perdue…

Déception, amitié, amour… tous ces sentiments sont dépeints avec fraîcheur dans cette histoire de jeunesse.

Verdict:

De base Country Girl est une histoire tirée d’un jeu vidéo de 07th Expansion : « Trianthology: Alice in the country of the three-sided miror ». Le jeu est un Visual-Novel sorti en 2016 au Japon (et inédit chez nous) et le manga dont il est question ici est sorti dans la foulée du jeu vidéo. Dans ce billet je vais traiter l’intégralité du manga, qui tient parfaitement en 2 tomes.

Le manga est scénarisé par Ryukishi07 et Tanaka Roméo qui ont travaillé sur le Visual-Novel. Le dessin est quant à lui, assuré par Tatsuhiko.

Voila pour le bla-bla technique, passons au manga…

Dans le premier tome, on nous présente un groupe d’amis d’enfance, lié, soudé, plein de projets et prêt a quitter leur petite ville de province pour croquer la vie à pleines dents. Pourtant malgré tout ses bons sentiments, quelque chose se brise et le groupe se retrouve séparé…

Mais Keiko en sortant de sa maladie qui la tenait coincé à l’hôpital et découvrant ce qu’il s’est passé pendant son hospitalisation ne l’entend pas de cette oreille. A elle de reformer le groupe pour sortir Mikihiko de sa léthargie…

Si le premier tome pose clairement toutes les bases, les protagonistes et l’intrigue, le second tome lui se concentre plus sur la rédemption et la reprise en main de notre petit groupe. L’entrée en scène de la 4e protagoniste permet de relancer l’intrigue sur cette nouvelle voie. Et évidemment pour relancer sa vie et l’amitié, autant mener un projet de front.

Ce titre aborde un passage que tous ont connus ou que tous connaitront ; le passage délicat de l’enfance à l’adolescence et vers l’âge adulte. Et les désillusions qui y sont souvent liés. Car évidemment lors de ce passage, on change, on s’affirme ou au contraire on se fond dans le moule et surtout on fait des erreurs. Et on comprend durant cette période que la vie c’est pas souvent ce qu’on veut, mais surtout ce qu’on peut. Que ce soit les études qu’on veut faire (si on sait déjà ce qu’on veut faire), la pression sociale, parentale et scolaire liés aux résultats, l’intégration, les préjugés des camarades ou simplement ce que certains parents ont prévus pour leurs enfants, au final cette période n’est pas simple pour tout le monde. Surtout rapporté au système scolaire japonais qui est basé sur le résultat…

Et c’est de tout ça dont il est question ici. De cette fracture qui peut se produire entre le collège et le lycée ou toutes les certitudes qu’on s’étaient forgées peuvent voler en éclat. Période durant laquelle nos gouts changent, où les amis d’avant s’éloignent et se mêlent a d’autres groupes par choix ou par « pression », une période trouble où on change et où on évolue tout simplement. Le titre met clairement ça en exergue, car entre le premier chapitre qui nous présente le groupe enfant, via un récit enjoué et optimiste et le deuxième chapitre après l’échec de Mikihiko -Miki-, le contraste entre les deux périodes est net. Mais c’est aussi une histoire d’amitié dans laquelle des amis d’enfance qui ont été séparés par tout ce que je viens d’évoquer, vont essayer de se reconstruire et d’affronter tout ça ensemble comme ils le faisaient enfant…

Et si le 1er tome pouvait laisser a penser que seul Miki avait un problème à régler, il s’avère au final que tous ont des soucis à régler et des décisions a prendre. Comme Iyo, qui a intégrer un groupe sans réelle volonté et un peu par facilité et qui se rend compte que dans le fond, ça ne lui apporte pas ce qu’elle recherche ou Miya qui même si elle a réussi a intégrer ce fameux lycée de Tokyo, au final c’était peut être pas vraiment ce qu’elle désirait et ce dont elle avait besoin… Tous profiteront de cette mission pour aider un ami pour évoluer ensemble et régler au moins une partie de leurs problèmes. Et renouer des liens qu’ils pensait perdus.

Country Girl réussi à parler de ces sujets de manière frontale sans pour autant tomber -trop- dans le mélo ou dans le récit « bêtement » moralisateur. Le titre expose les faits, laisse les personnages faire leurs introspections, tirer leurs conclusions et réagir face a tout ça.  Et invite le lecteur à faire pareil s’il le souhaite.  Alors oui c’est gentil et plein de bons sentiments et certains trouveront surement ça un peu creux, facile, survolé, mais même si ces thématiques sont une forte composante du récit, c’est avant tout et surtout une histoire d’amitié. Et tirée d’un jeu vidéo…Le premier tome mettait tout en place et le second dénoue tout ça. Ca révolutionne rien mais c’est bien fait, efficacement mené et ça fait parfaitement le job. On découvre une jolie histoire avec son happy-end attendu, pleine de bon sentiments et parfois franchement ça fait du bien.

Personnellement j’ai trouvé le premier tome plus pertinent et inspiré que le second, qui se contente en grande partie de décanter l’intrigue. Si cela se devait d’être fait, j’aurais néanmoins vu ça plus en filigrane et moins frontal, j’aurais aimé que ce second tome se concentre plus sur les sentiments et l’introspection que cette reprise en main nécessite que sur sur les actes pour arriver a celle-ci. Ce que le premier tome avait très bien réussi a faire pour poser l’intrigue et qui est plus suggéré dans ce second tome…

En deux tomes, Country Girl dépeint l’adolescence, la crainte du changement, les rencontres (bonnes ou mauvaise), l’amitié, mais aussi que même si on a des rêves, la réalité est malheureusement parfois toute autre et que l’herbe n’est pas forcément plus verte ailleurs. Et que si on comprend et accepte, il est possible de concilier impératif tout en restant carré avec ses aspirations d’alors. C’est aussi ça grandir et entrer dans l’age adulte…

Le dessin de Tatsuhiko est clair, réaliste et fluide et disons le, franchement pas dégueulasse. Les personnages sont parfaitement reconnaissables et expressifs, les décors soignés et les trames sont utilisées à bon escient. Le tout sur un découpage classique et efficace.

Niveau édition ChattoChatto livre un taf nickel. Belle jaquette épaisse, papier bien blanc pour une impression nette et sans bavure. Petite page couleurs en ouverture de tome, clefs de compréhension dans les marges, postface qui va bien et deux illustrations prennent place sous la jaquette flottante.

En résumé, Country Girl est un titre abordant des sujets importants, comme la réussite ou l’échec, les préjugés, le passage -pas simple- à l’âge adulte et l’amitié. C’est surement parfois un peu simple mais c’est joliment fait et clairement pas le pire truc du genre que j’ai lu. En plus comme c’est complet en 2 tomes, aucun risque de partir sur un truc qui se dilue et s’éternise… .

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