Glossaire manga : les différents types de Shōnen

On entend souvent que shōnen ça rime avec baston. Pourtant rien n’est plus réducteur, car le shōnen manga c’est bien plus vaste que action, bastons et pouvoirs. Petite présentation de cet énorme morceau qu’est le shōnen manga.

Posons d’abord les bases : Qu’est-ce qu’un shōnen manga?

Contrairement a ce qu’on pourrait penser, ce n’est pas un genre de manga, mais une cible éditoriale liée au magazine de prépublication du manga.

Wikipédia a très bien résumé tout ça:

Le shōnen n’est pas à proprement parler un genre : le terme désigne plutôt la cible éditoriale du manga. Ainsi, un manga est considéré comme un shōnen s’il est prépublié au Japon dans un magazine dont la cible première est composée d’adolescents de sexe masculin, tels que le Shōnen Jump.

Cette définition est applicable pour le Shōjo, Le Seinen, le Josei etc. En résumé c’est le magazine de prépublication et donc la cible qui définit si c’est un shōnen, un shōjo, un seinen etc.

Si par exemple, One Piece avait été prépublié dans le magazine Weekly Young Jump au lieu du Weekly Shōnen Jump, ce serait un seinen. S’il avait été prépublié dans le Bessatsu Margaret, ce serait un shōjo. Même si Oda avait livré la même histoire dans les trois magazines.

Maintenant que ça c’est plus clair, passons au cœur du sujet;

Dans le shōnen manga, on trouve de la baston oui, mais aussi de l’aventure, des enquêtes, des romances, du fantastique, du sport, de la SF, de l’horreur etc. Ça varie énormément et dépend généralement de l’éditeur et du magazine de prépublication du titre. Même si c’est loin d’être une science exacte et que certains shōnen sont des ovnis par rapport à d’autres… Et dans le shōnen, y’a aussi des genres/thèmes; le nekketsu, la rom-com, le furyō, le suiri etc.  Chaque type d’histoires peut être du shōnen, mais peut aussi être typé en fonction de son thème. Car certains types d’histoires et de mangas répondent a des schémas et des codes très précis qui les font de fait entrer dans certaines catégories. Mais certains titres peuvent aussi reprendre une partie des codes d’un type d’histoire, sans pour autant le devenir ou carrément en mixer plusieurs.

Et à tous ça s’ajoute les différents genres « classiques/communs » comme le fantastique, la comédie, la SF, la fantasy, la musique etc. qu’on connaît tous et qui ne sont pas spécifiques au Manga. De plus certaines œuvres peuvent cumulé plusieurs types, même si généralement elles seront classées en fonction du type le plus prédominant.

Les magazines de prépublications japonais étant nombreux, ils visent différents publics attirés par certains types d’histoires. Donc comme le shōnen est une cible éditoriale, les différents types dont il sera question ici, le sont aussi en un sens. D’ailleurs plusieurs catégories dont il sera question ici, s’appliquent autant aux shōnen qu’aux seinen, shōjo, gekiga, josei etc…

Bref, pas toujours simple de faire le tri au milieu de tout ça, car c’est vaste, très codifié et en gros, dans le manga (shōnen ou autre) tout est possible et envisageable niveaux thématiques, situations, personnages, genres, etc. Ce billet n’a pas pour vocation de classifier de manière impérative les shōnen ou autres dans des cases, mais simplement de présenter les différents types qui existent et qui reviennent régulièrement, un peu comme un glossaire. En plus pour beaucoup de titres, ce n’est pas une science exacte, vu que certains titres entrent dans différentes catégories et qu’en plus certaines catégories sont parfois « floues ».


Les plus représentés :

Les différents type présentés ici, répondent à des schémas et des codes clairs, facilement identifiables, et qu’on retrouve (au moins en partie) dans chaque titres de ce type.

Nekketsu (littéralement sang brûlant )

C’est le roi du game, celui qui déchaîne toutes les passions. Le nekketsu repose sur 3 piliers fondamentaux ; Amitié – Efforts – Victoire. C’est lui qui colle le mieux a la définition que la plupart des gens se font du shōnen en l’assimilant a de la baston. En même temps les titres qui le représente le plus sont composés de bastons ; Dragonball – One Piece – JJBAFairy Tail – Naruto – Demon Slayer et assimilés. Pourtant réduire le nekketsu à la baston, c’est prendre un raccourci qui se révélera au final faux. Des shōnen de sport comme Slam Dunk, Eyeshield 21 ou Olive & Tom sont des purs nekketsu sans que la baston soit le cœur du truc. Car les trois titres que je viens de citer cochent toutes les cases du nekketsu sans qu’il ait de bagarres a proprement parler. Un titre comme Bakuman utilise aussi les codes du nekketsu pour dans le fond ne parler quasiment que de manga.

Mais c’est vrai que si c’est prépublié dans le Jump, y’a de fortes chances que ce soit un nekketsu. Mais de nouveau c’est pas une science exacte car les contre-exemples sont nombreux…

Rom-Com (COMédie ROMantique)

Et oui, le shōnen c’est aussi de l’amour et des histoires de cœur. Des titres comme Vidéo Girl Aï, Good-Ending, Kimagure Orange Road sont effectivement des shōnen mangas. N’en déplaise a certains qui pensent qu’histoire de cœur ne rime pas avec shōnen. Généralement on assiste à la mise en place d’une relation triangulaire -ou plus- entre les différents protagonistes. Et même si ça parle d’amour, ça n’en devient pas forcement du shōjo qui est aussi une cible éditoriale différente qui répond aussi à des codes précis. D’ailleurs Vidéo Girl Aï et Kimagure Orange Road ont été prépubliés dans le Jump comme Dragonball ou One Piece…

Harem/Pantsu

On peut l’assimilé à la Rom-Com, les deux utilisent sensiblement les même ressorts, mais ça répond aussi a des codes précis. Le Harem manga (ou Pantsu, tiré du terme anglais pants (culotte) prononcé à la japonaise), comme sont nom l’indique se compose d’un protagoniste -souvent un peu pervers et/ou n’ayant rien pour plaire- au milieu de plusieurs prétendants dans le cadre d’une comédie romantique. Le cœur du récit sera axé sur les rivalités entre les prétendants et sur lequel finira avec le protagoniste du manga, le tout saupoudré de quiproquos et assimilé (et de pas mal de « plans culotte »). Sur ce principe, des titres comme Love Hina, ou The Quintessential Quintuplets rentrent sans soucis dans cette catégorie.

Furyo Manga

Le terme Furyō désigne les jeunes voyous au Japon, la petite délinquance etc. et les œuvres qui traitent ces personnages/thèmes, répondent à des codes et une imagerie précise. Y’a des furyō typés shōnen mais tous les furyō mangas ne sont pas forcement des shōnen. Racailles Blues, Tokyo Revengers ou Shonan Junai Gumi sont des shōnen furyō mais un seinen comme Bakuon Retto est aussi un furyō manga. Alors oui y’a de la baston à gogo dans les furyō mangas mais ça n’en fait pas forcement des nekketsu pour autant, même si ils en réutilisent parfois certains des codes.

Suiri

Les mangas d’enquêtes policières (ou non) avec du crime et du meurtre dedans. Huis clos et/ou récits enchâssés sont souvent une forte composante de ces titres. Death Note prépublié dans le Jump en est un, en plus d’être un shōnen. Mais on retrouve des Suiri mangas de type shōnen, seinen, shōjo etc.

Isekai (littéralement autre monde)

L’isekai on connaît; un protagoniste plus un camion (ou un train) qui le percute et le transporte dans un autre monde et pouf on a un isekai. Je caricature, mais grosso-merdo c’est ça. Ultra populaire depuis longtemps au Japon, l’isekai touche à tout, du Light-Novel au manga seinen, shōnen etc. Moi, quand je me réincarne en Slime prépublié dans le Monthly Shōnen Sirius (et même si tiré d’un LN) est un shōnen.

 


Ceux-là, on les connaît, leurs dénominations sont sensiblement les mêmes quel que soit le médium, mais néanmoins ils ont leurs spécificités et codes propres et surtout de très nombreux shōnen en sont, bref, ils comptent assez pour avoir leur mention dans ce glossaire.

Sport / Supokon Manga

Le manga de sport est un genre très plébiscité au Japon et il en existe sur tous les sports et de tous les types. Certains mettant le sport au cœur de l’action, d’autre se servant du sport comme prétexte a présenter une autre trame, d’autres encore alliant subtilement les deux. Grosso-merdo si ça parle de sport, ce sera dans le fond, un manga de sport, mais y’a pourtant des nuances. I’ll de Asada Hiroyuki, un manga de basket mais qui est pourtant complètement à l’opposé de Slam Dunk. Ce sont tous deux des shōnen et le basket est le moteur du récit dans les deux cas, on peut même y trouver quelques points communs, mais pourtant s’il faut les différencier, I’ll est un manga de sport et Slam Dunk est un nekketsu car il en utilise tous les codes.

Horreur

Bon je pense que l’intitulé est clair. Mais c’est très vaste et c’est globalement plus axé sur la création de tension, le suspense, le situationnel et sur la psychologie, même s’il existe des titres d’horreur « pure ». Sans oublier certains titres qui traitent de Yōkai ou/et de Yūrei qui peuvent aussi rentrer dans cette catégorie. Le shōnen L’École emportée de Kazuo Umezu, prépublié dans le magazine hebdomadaire Weekly Shōnen Sunday est considéré comme un des précurseurs du genre et des titres récents comme The Promised Neverland ou Shibuya Hell peuvent rentrer sans soucis dans cette catégorie.

Certains emploient parfois le terme « J-Horror » pour qualifier ce type d’histoire.


 

Ceux qui existent aussi :

On trouve aussi des shōnen de ce type et pour certains, ils sont loin d’être anecdotiques (même si un peu méconnus ici), donc ils devaient pour moi être au moins mentionnés dans ce glossaire.

Magical Girl

Oui, il existe des shōnen mangas typé « magical girl ». Comme Cutey Honey de Go Nagai prépublié dans le Weekly Shōnen Champion ou plus récemment Magical Girl of the end. Les magical girls c’est pas « qu’un truc de fille » contrairement à ce qu’on pourrait penser.

Mecha

Les mangas avec des robots géants (ou non). Le pionnier du genre c’est Tetsujin 28-gō un shōnen de 1956. Goldorak fait sûrement partie des plus connus. Mais le mécha touche a tout, la licence Gundam est un bon exemple, car elle se décline sur plusieurs supports et cibles :  mangas, animes, films, etc. Dans la myriade de mangas tirés de la licence, on trouve le shōnen Mobile Suit Gundam: The Origin (pour n’en citer qu’un).

Mais le mecha c’est très pointu, et chuis loin d’être spécialiste donc j’expose ici la chose de manière super globale.

Tokusatsu: Henshin, Sentai et Kaiju

Ceux là, je les classe ensemble car ils sont intimement liés entre eux, et peuvent être regroupés sous l’appellation globale tokusatsu (littéralement effets spéciaux). Même si le terme ne vous dis rien, vous connaissez forcement des histoires de ce type. Les trucs genre X-Or, Bioman, Power Rangers etc. seront des exemples très parlants pour illustrer ces types extrêmement codifiés. Même si généralement ils s’apparentent avant tout aux séries TV et films, il existe néanmoins des shōnen qui peuvent se réclamer de ce type comme Kamen Rider ou Cyborg 009 de Shotaro Ishinomori .

    • Henshin : Littéralement transformation >>> Un héros qui se transforme.
    • Sentai : Littéralement escadron de combat >>> Généralement un groupe de 5 héros (qui se transforment) avec chacun ses forces et avantages .
    • Kaiju : Littéralement bête étrange/bête mystérieuse >>> les monstres genre Godzilla ou Gamera.

Mais c’est tellement pointu et y’a tellement de spécificités, que les pros de la chose ne seront certainement pas d’accord, rien que par le fait que je les ai regroupés ensemble. Retenez juste que ça existe et que c’est quand même des genres très importants (même si un peu méconnus par ici).

Jidaimono/Jidaigeki

Terme issu du théâtre Kabuki, il désigne les mangas de types historiques. Sabu et Ichi de Shotaro Ishinimori prépublié dans le Weekly Shōnen Sunday par exemple. Mais c’est vrai que les titres de ce type sont généralement des seinen ou des gekiga, et même si certains shōnen comme Kenshin le Vagabond traitent aussi d’histoire, ce ne sont pas pour autant des Jidaimono/Jidaigeki.


 

On en parle, ça existe, mais est-ce pour autant un type à part entière?

Ceux qui suivent peuvent être sujet à débat. Pour certains, il s’agit d’un type a part entière et pour d’autres, c’est simplement une « couleur », une direction, qu’adoptent certains titres. Comme ils sont souvent associés a un autre genre ou qu’ils en sont une déclinaison, on peut généralement et sans soucis les classer sous une catégorie plus globale. Comme il ne font pas l’unanimité, je les cites à part. Pour le reste, si c’est vraiment spécifique, je vous laisse juge…

Ecchi

Le ecchi, plus qu’un type de manga c’est surtout « un move » qu’on peut retrouver dans différents mangas, qui consiste grosso-merdo a en montrer beaucoup (voir tout) et a multiplier les situations et les poses suggestives via de multiples prétextes. Mais sans pour autant basculer dans le Hentaï. Certains passage dans Fairy Tail peuvent être qualifiés de ecchi p.ex. Néanmoins pour certains c’est un type a part entière, généralement lié aux Rom-Com ou aux Harem mangas qui se prêtent très bien a ce genre de scènes très dénudées. Sur ce postulat, To Love-ru publié dans le Jump est alors un parfait exemple de Ecchi manga.

A ne pas confondre avec le fan-service…

Gakuen (Littéralement milieu scolaire/académie)

Dans un gakuen manga, l’école est le cœur du manga, le pivot, presque un personnage secondaire, mais attention, c’est pas parce que ça se déroule dans une école que c’est forcément un gakuen manga. Beelzebub est un nekketsu et pourtant il se déroule en grande partie dans une école. Racaille Blues se déroule aussi en grande partie dans une école et pourtant c’est un furyō… Donc c’est un peu flou, qu’est ce qui fait qu’un titre devienne ou non un Gakuen? L’exemple de gakuen manga le plus cité est certainement GTO, car dans GTO tout tourne autour de l’école, des profs et des élèves.

Survival

Les mangas genre Doubt, Judge et cie ou des ados s’entre-tuent a tour de bras en déversant des litres de sang dans le seul but de survivre. C’est généralement à ça qu’on pense quand on parle de « Survival ». Alors oui, ça répond a certains codes, mais ces titres reprennent généralement en grande parties les mêmes codes et les ressorts scénaristiques du genre Horreur . Donc est-ce un type a part entière ou une simple déclinaison?

Tranche de vie/Slice of life

Les récits tranche de vie, ou Slice Of Life, sont comme l’indique le nom des récits sur des moments de vie. Ça peut être une intrigue suivie comme des saynètes indépendantes entre-elles. Le récit tranche de vie est quasiment toujours associé a un autre genre comme p.ex la comédie, le sport ou la romance. Touch de Mitsuru Adachi est un shōnen de sport qui traite du base ball, sans pour autant n’être axé que sur le sport, il aborde autant les relations et la vie des personnages que le base ball. Certains le classe en shōnen de sport, d’autres en tranche de vie et d’autres encore en comédie romantique. Dans les 3 cas, on peut dire que c’est juste, car Touch traite effectivement ces 3 thèmes.


 

On vient de le voir, le shōnen manga (et par extension le manga de manière globale) c’est vaste et il existe des types très précis qui répondent à certains codes stricts.

Et ils peuvent avoir leurs utilités quand on recherche un certain genre de récit. Perso, si j’ai envie de lire un truc musclé, avec de la bonne baston, des perso badass, des valeurs et de beaux messages, je sais qu’un furyō manga quel qu’il soit, va très certainement me donner satisfaction. Mais j’avoue, c’est pas toujours simple et ça peut aussi dépendre de la sensibilité de chacun, surtout quand certains codes se mélangent. Si en plus certains naviguent de cibles en cibles, ça facilite encore la confusion. Et quand certains éditeurs VF changent carrément la cible de base, parfois y’a de quoi être totalement perdu…

Pourtant, ce n’est pas une panacée ou une science exacte, c’est surtout et avant tout, un moyen de chercher et de sélectionner un type de récit. Comme on choisi un roman policier, un film d’action etc.  C’est un moyen, pas une fin. De toute façon, le manga c’est tellement vaste et riche, que ce serait réducteur de se limiter a ces classifications, autant profiter de tout ce qu’il a à nous offrir. Savoir que ces termes existent, les connaitre et savoir les différencier c’est bien, s’y limiter c’est dommage…

Car on peut trouver quasiment (et encore j’hésite pour le quasiment) tous les types -et plus encore- qu’on a croisé dans ce billet dans toutes les cibles, que ce soit en seinen, shōjo, josei etc. en entier ou en partie. Sun Ken Rock qui est un seinen utilise plein de poncifs du nekketsu sans pour autant en être un. Gokusen un josei de Kozueko Morimoto reprend des codes du furyō manga. Tomié de Junji Itō, chef d’œuvre d’horreur, est un shōjo et les exemples sont nombreux. N’en déplaise à certains…

En espérant que ce glossaire vous ai permis d’y voir un peu plus clair dans cet énorme morceau qu’est le shōnen manga. Si d’aventure vous voulez en savoir plus sur l’histoire du shōnen manga, je vous renvoie vers cet article : Shōnen Manga: origines, décryptage, codes et recettes d’un succès formaté

 

Un énorme merci a Mangavore pour son aide précieuse!

 

 

 

 

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Sources : Wikipédia, Manga ンガ, Manga-News, Mangavore, My Anime List, Guide Phénix du Manga, Nautiljon

 

15 commentaires

  1. Super article, hyper complet et hyper intéressant et surtout enrichissant.
    Ça confirme que je suis plus shonen, mais de genres variés et c’est cette immenses possibilité de choix qui me plaît.

    Souvent en magasin, des néophytes vulgarise un peu le shonen en « Baston » j’essaye toujours de les aider en expliquant que le shonen c’est tellement vaste et qu’il y a un choix immense à découvrir. J’essaye aussi de proposer des titres pas trop commerciaux

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    1. Merci Marty !
      Ben wai tu reste un grand adulescent après tout :p

      Perso, je me mêle pas des autres quand je suis en librairie, pas l’énergie de leur expliquer j’avoue. Mais maintenant tu auras même un lien a leur filer pour qu’ils comprennent bien tout…

      J’le dis depuis des années qu’il ne faut pas se cantonner aux hits, y’a des pépites à coté

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  2. Voilà, je viens de le lire pendant que mon enfant s’est rendormi. Article très intéressant, notamment dans certains rappels évidents mais qu’il est toujours bon de faire. Personnellement, je pensais presque au début que shonen et nekketsu étaient synonymes tant ils sont souvent employés comme tel (y compris par des gens qui te disent que le shonen c’est pas que du nekketsu).

    D’ailleurs on voit avec ton article que les frontières sont quand même assez floues entre les genres, d’où peut-être le fait de ranger les choses dans le genre le plus connu et faire un drôle d’amalgame…

    Ce qui me gêne là dedans, c’est cette façon dont certains entretiennent la confusion, et limitent le shonen à un type très spécifique de manga (bien souvent le seul qu’ils lisent).

    Encore récemment, je regardais une vidéo où plusieurs personnes débattaient pour savoir s’il était possible avec des critères empiriques (totalement sortis de leur cul, il faut le dire) de désigner LE meilleur manga. Déjà quand on part de là ça commence mal, mais quand au bout de 10 minutes ça finit déjà par dire que le meilleur n’est pas nécessairement un shonen mais pourrait être un seinen (désolé les mangas « feminins » ce n’est pas aujourdhui qu’on parlera de vous), pour ensuite nous dire que non, Death Note est pas un shonen parce qu’il a pas des « valeurs » de shonen (dafuq ?) Mais que du coup ben au final, après moults réflexions la question est tranchée, le meilleur manga du monde c’est L’Attaque des Titans… tu as envie de te tirer une balle.

    Je m’égare et m’éloigne un peu du sujet mais pas tant que ça, car je pense que pour quelqu’un qui découvre le manga comme moi il y a quelques années, et encore aujourd’hui finalement, les lecteurs, éditeurs et tout ce petit monde ont créé une sorte de mur qui fait que manga=shonen=nekketsu dans l’esprit de beaucoup de monde je pense.

    Personnellement, je vois tous les jours des plutôt gros lecteurs te dire dans le même temps que le shonen c’est pas de la bagarre et venir ensuite te dire que tel nekketsu c’est vraiment « du pur shonen » en mode « valeurs du shonen » et tout, ça crée une confusion énorme quand on est pas trop au clair sur tout ça…

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    1. Merci pour ton retour et l’idée…

      Wai, c’est pas toujours évident de faire le tri, surtout quand ca mixe plusieurs catégorie. De nouveau (et comme j’le dis souvent) c’est imporatnt de savoir d’ou les trucs viennent pour comprendre. Les prémices du Nekketsu et les bases ont été posées par des mangas de sport. D’ou le « amitié, efforts, victoire ». C’est par la suite et dans les années 80-90 que c’est devenu quasiment du full baston.

      Les trucs genre élire le « meilleur manga » pour moi c’est toujours de la merde! Déjà tu met au même niveau tous les trucs, alors que tu vas pas comparer un Kamimura à Yu-gi-oh p.ex. Et surtout, sur quels critères tu les compares pour juger? C’est 2 trucs différents, juste lié par le medium.

      Et « valeurs shōnen? ». Kezako? Que tu me parle de schémas, à la limite je veux bien, mais de valeurs? J’ai lu des shōnen immoraux et partageant 0 valeurs…
      C’est aussi garce a ce genre de youteubés (et c’est pas une faute du correcteur) que ce genre de confusion perdure. Eux-même ne savent pas comment ça marche, mais leur audience gobant et recrachant toute la merde qu’ils débitent, tu finis par te retrouver avec des gens qui croient dur comme fer que Mashima a été l’assistant d’Oda p.ex. Ce qui est totalement faux. Et l’excuse c’est « machin l’a dit dans sa vidéo, donc… »

      Ce qui est fou, c’est que juste qu’en 2005-2006, on s’en passait très bien de ses classifications (lecteurs, éditeurs et libraires) et on avait aucuns problèmes pour trouver ce qu’on voulait lire. Puis certains on pris ça comme une panacée et on en est arrivé là, ou certains ne veulent pas lire un titre parce que Shojo.

      On fait tous des raccourcis, mais certifié que shonen = baston c’est quand même dire une grosse connerie…

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      1. On est bien d’accord. Et comme je te l’ai dit, il y a des gens qui te disent vraiment que le shonen et la baston c’est pas pareil, là on est OK, mais vont te parler de shonen de baston en disant « shonen » tout court.
        J’essaie du coup de préciser nekketsu, mais depuis que tu m’as un peu expliqué les nuances, j’essaie même de dire « grosse bagarre » ou nekketsu à tendance baston pour essayer de pas tout mélanger non plus. Je me dis que si c’est clair quand je l’écris, ce sera déjà plus clair dans ma tête.

        Pour ce qui est de voir quel serait LE meilleur manga, on est d’accord. Aucun soucis avec le fait de chercher à voir quel est son manga préféré perso, je trouve même ça fun, mais décréter qu’il y en aurait un qui serait au-dessus des autres (et comme par hasard ça se trouve être le shonen d’action le plus en vue du moment qui va bientôt se terminer…), ca devient un peu débile.

        Le soucis de la notoriété des YouTubers. Ca me fait penser à un truc un peu lié mais dans le sens inverse, quand Julien Bouvard (enseignant chercheur) a fait un thread pour expliquer que le manga est un travail très collectif et que la façon d’écrire dépend de beaucoup de choses et que donc juger sur des critères re cohérence globale n’est pas le plus pertinent, évidemment il y a eu des tonnes de « sauf Oda » ou « sauf Isayama » en commentaires, et aussi des gens pour lui dire qu’il ferait mieux de lire des mangas avant de faire le malin 😅

        Pourtant, un enseignant chercheur à en principe un peu plus de crédibilité que Le Chef Otaku qui, à ma connaissance n’a jamais parlé d’autre chose que de manga testostérone de grosse bagarre.

        C’en est d’ailleurs à un point où j’ai déjà lu sur les réseaux des gens considérer Urasawa et Berserk comme du manga non mainstream… j’ai tendance à penser que ce médium a encore beaucoup de chemin à faire chez nous.

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      2. Le raccourci facile mais compréhensible, car tous les hits shōnen (ou presque) sont des trucs de bastons. Après voilà, si tu te prétends spécialiste ou fan, pour moi, tu dois connaitre les nuances du truc.

        Je connais Julien Bouvard (Il m’a même félicité pour mon article sur l’histoire du manga en VF *fier), un gars très pertinent. Mais de nouveau on en revient à la méconnaissance totale de certains trucs, ici le système des magazine de prépublication japonais. P.ex, Auteur lié a un tantô qui supervise en fonction des retours, donne une direction etc. L’armée d’assistant qui joue aussi son rôle, certains partenariat (genre anime) qui ont aussi une influence au final. Penser que ces gars font tout tout seul et en totale autonomie c’est méconnaitre le truc.

        Pour certain, le chef Otakon (et c’est de nouveau pas le correcteur) c’est dieu et tout ce qu’il dit est vrai. Alors qu’a part chier sur les scans de DBS et sucer ADT y’a pas gd chose au final. Ouais.

        Il a bien essayer à l’époque de faire des vidéos sur des trucs moins mainstream mais vu que ça payait pas en vues, il a arrêté (Dixit lui). Après tout on a l’audience qu’on mérite…

        Berserk et Urasawa pas mainstream? Berserk c’est surement le seinen que les Kikoo te cite en 1er et Urasawa a quand même un certains succès.

        Vais être plus cash, étant dans le « milieu » depuis des années, je pense même qu’on a régressé a ce niveau. Paradoxalement à l’époque ou l’info était pas aussi facilement accessible que maintenant les gars etaient plus pointus et critique et avaient vraiment envie de connaitre les subtilités de la chose Maintenant ca se fie à youtube ou FB alors que Google est ton ami Moi comme chuis vieux, je vais carrément voir dans des livres qui traitent du sujet :p

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  3. Un article super intéressant et très instructif comme d’hab ! Y avait pas mal de noms que je ne connaissais pas d’ailleurs.
    Il est bon de faire ce genre de piqûre de rappel quand on voit les raccourcis pris par bons nombres de lecteurs et surtout d’influenceurs malheureusement… Les gens prennent pour argent comptant ce qu’ils lisent à droite ou à gauche et ne creusent jamais c’est assez triste.
    Sinon des que je lis Sentaï je ne peux pas m’empêcher de penser à poses de groupes grotesques 🤭
    En tout cas merci pour ce genre d’articles j’adore!

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    1. Merci m’sieu !
      Si t’as appris des trucs, je suis joie car c’est un peu le but.

      Après comme on disait avec Pierrickola, pour moi se dire spécialiste ou fan et ne pas connaitre ces nuances ou au moins une partie c’est un peu du non sens.

      Référence au commando Ginue je suppose. En même temps c’est de là que ça vient donc c’est un peu logique que ça t’y fasse penser.

      Rendez-vous pour le prochain du genre alors

      Aimé par 1 personne

      1. Je prends note pour le rdv! Tu sais que je suis toujours friand de ce genre de billet! Et entièrement d’accord avec toi et Pierrickola, si tu te dis spécialiste ou fan je ne conçois pas que tu puisses ne pas connaitre au moins une partie de ces nuances… Mais bon aujourd’hui pourtant ça court les rues ^^

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  4. Super,très intéressant et détaillé. Cependant j’ai entendu parlée de shonen-ai et vu que ce n’est as mentionner je me demande donc toujour si c’est réellement du shonen comme son nom l’indique ou totalement autre chose.
    Franchement je doute que j’ai une réponse mais voilà je tenais à poser la question.
    Mise à par cela merci pour se très généreux article riche et complet .

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