Tonkaradani [Manga de Osamu Tezuka]

J’aime Tezuka, et je lis tout ce qui porte son nom… Après des années de recherches pour le trouver à prix correct (saletés de spéculateurs), j’ai enfin réussi à mettre la main sur Tonkaradani

Ça raconte quoi ?

Recueil de contes pour enfants, où un jeune écureuil de la vallée de Tonkaradani, pour retrouver sa famille, connaitra une grande aventure faite de dangers et de découvertes… Où un poisson aux écailles d’or exaucera tous vos vœux… Où un ange devra retrouver un œuf en or et faire appel au prince Saphir pour lutter contre les sorcières…

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Verdict :

Tonkaradani est un recueil d’histoires courtes, écrites et dessinées par Osamu Tezuka entre 1953 et 1957. Autrement dit, c’est du Tezuka des débuts, et si le gars a un talent certain pour donner de la profondeur et du sens à n’importe quel récit, ici on est encore très fortement dans le cadre de publications à destination de la jeunesse…

Onze histoires sont présentes dans ce recueil, toutes tournant autour du thème des contes. On y trouve des réinterprétations de contes classiques ou de pures créations de Tezuka. La première histoire, qui est aussi la plus longue et la plus dense, donne son titre au recueil et nous raconte le destin de la vallée de Tonkaradani, via d’abord une lutte de pouvoirs entre écureuils, suivi d’un exode vers la ville et en point d’orgue la construction d’un barrage, la fuite des animaux et la destruction de leur vallée merveilleuse. Les autres histoires sont moins longues, certaines sont même très courtes, et variées.

Et pourtant, même si c’est une œuvre de jeunesse à destination des enfants, comme toujours avec Tezuka, rien n’est tout blanc ou tout noir et si on se donne la peine de lire entre les lignes, de petits messages parsèment tout le recueil, même si de nombreux poncifs et clichés prévisibles sont aussi au rendez-vous. En ça, Tezuka applique à la perfection, le coté formateur qu’ont de base les contes, avant que Disney et cie viennent édulcorer tout ça avec leurs bons sentiments. Car Tezuka ne prend pas les enfants pour des idiots, il leur laisse le soin de voir, apprendre et tirer leurs conclusions. Il met en place les éléments, les personnages, leur fait vivre leurs aventures mais se garde bien de jouer « au donneur de leçon ». Dans le cas de l’histoire « Tonkaradini » par exemple, si le barrage scelle effectivement le destin de la vallée, c’est pourtant ce même barrage qui va permettre aux animaux de survivre et de migrer vers ailleurs. Comme souvent avec Tezuka, il y a plusieurs niveaux de lectures et ce recueil ne fait pas exception.

Si vous trouvez que l’ensemble fait très Disney ou Fleischer avec leurs animaux qui parlent ou qui agissent comme des humains, c’est normal, Tezuka a été énormément influencés par les cartoons diffusés par l’occupant américain dans le Japon d’après-guerre. Ceux qui ont lu « Le Roi Léo » trouveront sans doute quelques similitudes avec Tonkaradini, car pas mal des ressorts scénaristiques sont dans les deux cas, fort similaires. Mais Tonkaradini étant plus court, tout est moins fouillé et exploité que dans Le Roi Léo.

Pour le reste, les onze histoires forment un bel ensemble, cohérent niveau thématique, ça se laisse lire avec plaisir et ça fait plutôt efficacement le job si on le prend pour ce qu’il est. C’est un recueil, donc y’a à boire et à manger, même si tout tourne autour du même thèmes et certaines histoires auraient méritées d’être plus développées. Car certaines de ces histoires sont disons-le, « anecdotiques », peu développées et abruptes narrativement parlant mais rien que pour voir le tour de force qu’exécute Tezuka à raconter une histoire en 3 pages, pour moi, ça vaut le coup.

Même si le tout est délicieusement rétro sur la forme et que -avouons-le-, l’ensemble accuse un peu le poids des années…

Niveau narration, c’est plutôt linéaire et la mise en page est limite rigide. Par contre, c’est bavard, très bavard, et le texte est omniprésent dans quasiment chaque case, surtout quand on compare à certaines productions actuelles et plus encore quand on sait que normalement ces récits sont à destination de la jeunesse. Objectivement, c’est clairement pas le meilleur Tezuka et certainement pas le plus abouti, mais c’est quand même du très bon ! Surtout pour un livre datant des années 50… Et puis quel plaisir de découvrir les œuvres de jeunesse de celui qu’on nomme le « Dieu Manga » , qui malgré leur age n’ont pas à rougir par rapport à certains trucs actuel.

Comme dit dans mon préambule, j’ai un peu galérer a le trouver. Ca a été publié en 2007 chez Milan dans leur collection manga Kanko. Et vu que l’éditeur a arrêté le manga en 2010, dur de le trouver facilement et à prix correct. Niveau édition, c’est franchement pas mal, papier et impression de qualités, emballés par une belle jaquette sont au rendez-vous et malgré que la publication date de quelques années, ce livre tiens la comparaison face aux productions actuelles.

 

Lecture et chronique réalisés dans le cadre du challenge Osamu Tezuka

6 commentaires

      1. C’est l’impression qu’il m’a donné, tout comme l’était (pour moi) le Roi Leo ou Princess Saphir, même si clairement jouissif aussi de les lire adultes vu les multiples niveaux de lecture, mais j’aime beaucoup le trait cartoonesque de l’auteur sur ces titres !

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      2. Ah comme ca, j’avais compris que tu voulais le lire justement car il est a destination des enfants. Et j’me demandais si y’avait une raison précise à ca.

        Mais oui, c’est dans le même esprit que Le roi Leo ou Princesse Saphir, enfantin de prime abord mais avec plusieurs niveaux de lecture. Pareil, certains disent vieillot moi j’adore!

        Aimé par 1 personne

  1. Ça donne envie de lire ce titre! Tellement dommage (et même triste) qu’un paquet de ses œuvres ne soient plus éditées… En tout cas merci pour cette belle découverte !

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    1. Oui, c’est dommage que plein de ses titres soient plus dispo, surtout les plus confidentiel. En même temps beaucoup sont sortis à la même époque, pendant ce que j’appelle la « Tezukamania » qui s’était emparé de quasi tous les éditeurs… Avec des succès divers évidemment

      Avec plaisir, Tezuka c’est la vie

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