Full Ahead! Coco [Manga de Hideyuki Yonehara]

Y’a des titres qui passent totalement inaperçus lors de leurs sorties. Parce qu’un titre du même thème monopolise l’attention, parce que sorti au mauvais moment, parce que le public n’était pas prêt etc. Full Ahead! Coco fait partie de ces titres passés sous les radars. Retour sur ce shōnen injustement méconnu…

Ça raconte quoi ?

Des pirates sillonnent les océans dans l’espoir d’élucider la légende de Falcon, l’antique civilisation disparue. À la tête du petit équipage du Sweet Madonna, le capitaine Bart, alias « Crazy Bart », court lui aussi après cette civilisation éteinte. Lors d’une escale à Hysyophep, il recrute le jeune Coco, un orphelin de huit ans qui rêve de devenir un grand pirate.

Ensemble, ils braveront tous les dangers, monstres et ennemis, et résoudront une à une les énigmes qui leur barrent la route pour se rapprocher de l’ultime découverte…

Pourquoi c’est bien?

Déjà clarifions une chose : Manga de pirate ne veut pas forcément dire One Piece. Et en plus Full Ahead! Coco (FA!C) a commencé AVANT One Piece. Mais malheureusement il n’a pas connu le même succès par chez nous.

Full Ahead! Coco est un shōnen paru de 1997 à 2002 dans le Shonen Champion de l’éditeur Akita shoten. La série compte au total 29 tomes plus un tome « Extra » qui raconte comment l’équipage du Sweet Madonna s’est formé.

La série est écrite et dessinée par Hideyuki Yonehara, un auteur qui possède sa petite réputation au Japon et compte plus d’une dizaine de séries a son actif. Dont deux suites à FA!C; Sunset Rose qui compte 21 tomes et qui se déroule 8 ans après la première série et Full Ahead ! Coco – Zervance qui compte 12 tomes et est toujours en cours au moment ou j’écris ces lignes. Preuve pour moi, de la popularité et des qualités de l’Univers FA!C. Et tout ça sans un anime pour booster la série.

Chez nous 3 titres de l’auteur sont parus :

Comme dit dans mon préambule, quand on dit manga de pirates, la plupart des gens pensent à One Piece. Mais les seuls points communs entre les deux séries c’est le thème de la piraterie et que ce soit des shōnen. Pour le reste que ce soit le fond ou la forme c’est deux trucs totalement différents.

Car depuis toujours les pirates ont exercé une certaine fascination et on ne compte plus les œuvres quelque soit le medium qui traite de la piraterie. Comme L’ile au trésor de Robert Louis Stevenson qui a considérablement marqué l’imaginaire collectif et dont l’influence dans nombre d’œuvres postérieures n’est plus a prouver. Même Osamu Tezuka a puisé dans ce roman pour créer une des œuvres fondatrices du Manga moderne; La nouvelle île au trésor.

FA!C tire lui aussi du coté du roman de RL Stevenson et comme dans le roman c’est le coté découverte et aventure (avec un grand A) qui est mis ici en avant.

Bref,

FA!C nous présente un Univers ou les pirates sont monnaie courante. Parmi eux, une bande de fous furieux ; l’équipage du Sweet Madonna et son capitaine John « Crazy » Bart. Équipage et capitaine qui sont détestés et redoutés par les autres pirates comme par les autorités. Ce petit équipage s’est rapidement taillé une solide réputation et Coco, un gamin de 8 ans rêve de les rejoindre. Pourtant l’équipage du Sweet Madonna n’est pas une bande de pirates sanguinaire qui pille ou tue à tort et à travers, non ces gars là recherchent les vestiges de « Falcon » une mystérieuse civilisation aujourd’hui disparue. C’est pour résoudre ce mystère que Bart écume désormais les mers, à la recherche de réponses.

Et le moins qu’on puisse dire c’est que les réponses ne sont pas simples à trouver et que le mystère qui entoure Falcon est plus qu’épais et on ne compte plus les hommes qui se sont perdus à la recherche de réponses…

Crazy Bart, Coco et le reste du Sweet Madonna auront fort à faire pour obtenir des réponses.

Le manga commence comme une simple histoire de pirates mais rapidement quand la civilisation Falcon rentre dans le jeu et devient le cœur du récit et de la quête de nos héros, le titre prend une autre dimension. Au menu; aventures, mystères, temples anciens, labyrinthes, énigmes, monstres mythiques etc. Car la civilisation Falcon a complètement disparue et les rares traces qu’il reste ne sont pas simple a trouver et vraiment pas accessibles. Et il se pourrait bien que ce ne soit pas un hasard… Le titre monte crescendo et on suit les pérégrinations et les découvertes des protagonistes, ce qui contribue pleinement à l’immersion dans l’intrigue. Comme eux on a envie de savoir ce que cache cette mystérieuse civilisation, et pourquoi elle a disparue. Car l’auteur distille les informations avec parcimonie et s’évertue à monter tome après tome une intrigue dense et solide, prenante et immersive mais surtout cohérente de bout en bout. Le tout au service d’une histoire solide, inventive, très rythmée et sans temps morts. Et l’équilibre entre action, aventure et humour est proche de la perfection (pour ne pas dire parfait). Les combats (et quels combats) ne sont pas mis de coté, Shōnen oblige, mais ne sont clairement pas le cœur du récit, donc vous attendez pas a voir des affrontements en 1 VS 1 sur 10 chapitres, ici c’est surtout le coté aventure qui prime.

La palette de personnages contribue aussi aux qualités du titre. Que ce soit Crazy Bart, capitaine loufoque et taré, incapable de se battre s’il n’a pas une épée dans chaque main, son équipage dont chaque membre possède une forte personnalité ou certains antagonistes qui puent la classe comme la capitaine du Red Skele qui en veut énormément a Bart, trop pour tous les citer. Mention spéciale au Capitaine Graff, lui aussi à la recherche de la civilisation Falcon et qui est une victime régulière de Bart et de son équipage au point d’en devenir un running-gag. En plus au fil des tomes, on découvrira que tous ces personnages ne sont pas creux, tous ont leurs raisons de faire ce qu’il font et un backgroud posé qui leur donnent de l’épaisseur. Ce qui n’est pas toujours le cas dans les shōnen. Plus haut je citais « L’île au trésor » et quand on a lu le roman, dur-dur de na pas faire un certain parallèle sur la relation Bart-Coco et Long John Silver-Jim Hawkins. Dans les deux cas, ils se révéleront être des déclencheurs et des modèles pour leurs cadets.

L’auteur cultive cette relation et tout au long du manga, et on ne saura jamais vraiment qui de Bart ou de Coco est LE héros du manga. Si Coco est le déclencheur de l’aventure, Bart reste le Capitaine et celui qui prendra les décisions. Ce qui renforce aussi ce coté posé et plus mature qui diffère de la plupart des shōnen. Et pourtant FA!C possède tous les ingrédients et les qualités et comble parfaitement tous ce qu’on attend d’un shōnen. Et bien plus encore…

Hideyuki Yonehara utilise une iconographie connue et employée dans bon nombre d’œuvres qui traite de piraterie. Iconographie très 18e siècle, mêlant territoires marins inexplorés, bateaux sillonnant ces mers, trésors cachés, ports où les pirates font la loi etc. Sans oublier les monstres marins des légendes de l’époque. Mais il enrichi cette trame en la mêlant a un univers fantastique et futuriste via la civilisation Falcon. Et ça marche! Le mélange des deux univers sous le trait de Hideyuki Yonehara prend forme et l’alchimie opère et nous donne un titre riche, dense, unique. Côté dessins, le gars a une putain de patte et un dessin très identifiable. Son trait est nerveux et dynamique comme sa mise en page et son découpage et un soin tout particulier est apporté aux décors. L’action est toujours lisible et claire, les personnages clairement identifiables ce qui contribue encore à la fluidité de lecture et a l’immersion dans le récit.

Niveau édition, et bien la série n’est plus éditée. Elle le fut par Doki-Doki mais est désormais en arrêt de commercialisation. Donc en attendant une hypothétique ressortie, faut se tourner vers le marché de l’occasion pour les trouver.

Doki-Doki a fait du joli taf, même si les couvertures VF sont très sobre par rapport à la version Japonaise. Un des trucs sympas, c’est les bonus de fin de tome qui sont en fait des jeux mettant en scène les différents protagonistes de FA!C. Et c’est très varié, on y trouve entre-autre, des vignettes a retrouver dans le tome, des énigmes, des jeux des 7 erreurs etc.

Ce titre malheureusement passé inaperçu est tombé dans un oubli totalement injustifié, car il a eu la malchance de sortir au même moment qu’un autre titre de pirates dont le succès n’est plus a faire. Pourtant, Doki-Doki a multiplié les actions pour mettre le titre en avant comme plusieurs tomes proposés au prix de 3.90€. Mais sans succès malheureusement…

En résumé, un manga de pirate ultra efficace, avec une histoire solide qui se tient du début à la fin avec ce qu’il faut d’epicness et de badasserie.

 

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