Petit historique du manga en Version Française

Qui a publié le premier un manga en version française? Glénat avec Akira comme on le voit souvent revenir ou alors Atoss Takemoto et Rolf Kesserling avec le magazine Le cri qui tue? Ou encore et si on parle uniquement de tome relié et pas de magazine, est-ce Le Vent du nord est comme le hennissement d’un cheval noir le premier manga publié en VF?

Décortiquons un peu tout ça.

Comme dit dans mon préambule, pas mal de gens pensent que c’est Akira voir Dragonball qui ont été les premiers mangas être publiés en langue française. Affirmation courante colportée par nombre de médias ou même par Jacques Glénat lui-même qui n’est pas le dernier a cultiver son statut de « précurseur » du manga dans ses différentes interviews sur le sujet. On peut même lire sur le site officiel de Glénat :

GLENAT est le premier éditeur à publier des mangas en France dès 1991,

Mais si on fait quelques recherches, on constate que c’est totalement faux (en plus le 1er tome kiosque d’Akira est paru le 1er mars 1990). Car que ce soit dans des magazines ou en tomes classiques, il faut remonter bien plus loin que les années 90 et Akira ou Dragonball pour trouver les premiers mangas publiés en français. En effet, dès 1978 le magazine « Le Cri qui tue » publie des titres comme Golgo 13 de Takao Saitō ou Demain les Oiseaux de Osamu Tezuka.

Pourtant, les premières traces de mangas a être publiés en Français datent de mai 1969, presque 10 ans avant Le cri qui tue. On les trouves dans la Revue JUDO KDK, une des deux revues spécialisées dans les arts martiaux japonais, crées par Henry Plée avec BUDO MAGAZINE EUROPE. Ces publications proposaient des traductions en français de revues japonaises et notamment des chapitres de mangas et des auteurs comme Hiroshi Hirata. Certains mangas étaient contextualisés et bénéficiaient d’une introduction. Ils étaient publiés dans le sens japonais avec les cases numérotées pour aider le lecteur. Et même si ce n’est pas le cœur de ces publications et qu’il n’y a pas ici une vraie volonté de publier du manga uniquement pour ce qu’il est, ce sont effectivement les premières traces connues de mangas publiés en langue française.

Pourtant, a coté de ces publications de mangas « un peu par hasard » au sein de médias non dédiés, il existe déjà une volonté de faire découvrir le Manga. En 1970, à l’initiative de l’ambassade du Japon, une rétrospective sur les mangas est organisée au drugstore Publicis. On trouve mention de cette exposition dans un article (par Claude Moliterni et Kosei Ono) paru dans le numéro 21 de la revue Phénix, (une revue internationale de bande dessinée publié de 1966 à 1978) qui présente cette exposition et évidement parle de ce qu’on appelle encore « la bande dessiné japonaise ». Il est intéressant de noter que certaines séries dont il est fait mention dans cet article seront publié par la suite dans Le cri qui tue et que déjà on y parle d’un certain « Joe ».

 

Revenons en 1978 avec Atoss Takemoto et Rolf Kesserling. L’un est japonais, l’autre est éditeur et tous deux vivent en Suisse. A deux, il lance un magazine; Le cri qui tue, sous titré « Honorable revue de bandes dessinées exotiques » qui permet au premier de faire découvrir la bande dessiné japonaise dans un média dédié et à l’autre de défricher un pan encore méconnu de la bande dessiné. Le magazine publie des titres et des auteurs qui sont devenus aujourd’hui des classiques : Takao Saitō, Osamu Tezuka ou Shōtarō Ishinomori , mais pour séduire le lectorat, ils adaptent les planches au sens de lecture européen. Malgré tout, le succès est mitigé et la revue s’arrête au bout de seulement 6 numéros. Notons que le public visé ici est clairement les adultes, rien que par le choix des séries.

Néanmoins et malgré l’insuccès du magazine, ils publient en 1979 une histoire de Shōtarō Ishinomori (sous le nom de Ishimori): Le Vent du nord est comme le hennissement d’un cheval noir. Derrière ce titre à rallonge se cache en fait un chapitre de Sabu et Ichi rapporté au medium BD Franco belge niveau aspect, format et pagination. Le public étant hermétique aux mangas, le choix de se calquer sur un album de bd classique n’est pas idiot. Mais malgré ce subtil « travestissement », ce chapitre restera malheureusement unique sous ce format…

 

 

En 1982 on est en pleine « Candy Mania » grâce au dessin animé diffusé sur Antenne 2 depuis 1978, et au milieu de la myriade de publications plus ou moins qualitatives dédié parait Candy Candy Poche publié par Télé Guide, qui n’est ni plus ni moins que le manga de Yumiko Igarashi dont est tiré le dessin animé. Oui, les dessins sont retournés, c’est mis en couleurs à la truelle, traduit et lettré à la hache mais c’est bien le manga qui est publié ici. Et dans ce cas-ci, dans un format poche qui n’est pas si éloigné des Tankobon qu’on connaît actuellement.

Atoss Takemoto, malgré l’échec de Le cri qui tue, ne renonce pas. En 1983  il s’associe avec l’éditeur Artefact pour sortir Hiroshima, un recueil de deux histoires courtes de Yoshihiro Tatsumi (Good-bye et Enfer) qui étaient déjà parues dans Le Cri qui tue. Le succès, cette fois encore, ne sera pas au rendez-vous. 1983 toujours, chez Les Humanoïdes Associés, (maison d’édition fondée par Mœbius, Jean-Pierre Dionnet, Philippe Druillet et Bernard Farkas) qui se lance dans l’aventure manga avec Gen d’Hiroshima de Keiji Nakazawa. Mais encore une fois, le titre ne trouvera pas son public et l’expérience s’arrêtera après ce 1er tome.

Entre 1985 et 1986, dans les pages de la revue « Mutant » on trouve un manga, un titre SF a large tendance Hentai de Sesaku Kanô et Kazuo Koike ; Androïde . A la même période sort la revue « Rebels » qui publie aussi du contenu érotique. Dans le N°3 apparaît un titre nommé Scorpia , un manga de M. Yuu et K. Kazuya. Les deux revue stopperont définitivement leurs publications en 1986.

En 1989, c’est les éditions Albin Michel qui se lance dans l’aventure manga avec Les secrets de l’économie japonaise en bandes dessinées de Shôtaro Ishinomori (déjà publié par Le cri qui tue), mais de nouveau, faute de succès la série est stoppée au bout d’un tome sur quatre.

Pourtant nombreuses, comme on vient de le voir, aucunes de ses tentatives n’a vraiment fonctionné sur la durée. Déjà, le sens de lecture oriental pose problème aux éditeurs français. Chacun y va de sa trouvaille pour régler le soucis: retournement des planches (le plus classique) avec les soucis de cohérence que cela peut entraîner, remontages des cases une par une, ou alors numérotation des cases pour laisser en sens oriental. Mais surtout il s’agit encore d’une niche et d’un type de bande dessiné encore inconnu. Qui plus est, ces titres ne peuvent pas s’appuyer sur une adaptation en anime et que ce soit les récits de Samouraïs dans Budo, les Gekiga et Seinen dans Le cri qui tue, le hentai dans Mutant et Rebels ou les tentatives des Humanoïdes Associés et Albin Michel, ces titres s’adressent a un public adulte, au cœur d’un marché qui a l’époque est principalement dédié, destiné et consommé par la jeunesse.

On arrive finalement à Akira chez Glénat qui sort en mars 1990. Encouragé par le succès du film et du manga aux USA, Glénat décide de se lancer dans l’aventure. Ca parait d’abord chez les marchands de journaux à un rythme mensuel et sous forme de fascicule grand format d’une soixantaine de pages couleurs. Assez rapidement sort en parallèle la version cartonné grand format qui compte 14 tomes. Précisons qu’il s’agit dans les deux cas, de la version américaine colorisée traduite en français depuis l’anglais et en sens de lecture occidental bien évidemment.

Mais surtout ce qu’ils publient ne ressemble absolument pas aux mangas qu’on connaît aujourd’hui. Comme avec les précédentes tentatives et que ce soit les fascicules ou les grands formats cartonnés en couleurs, on est plus proches des mediums BD niveau aspect et format, que du manga. Surement histoire de mieux trouver un public et ne pas le dépayser des médiums qu’il connait et pratique… Encouragé par le succès d’Akira, d’anciens acteurs retentent leur chance ; en , le premier volume de Gen d’Hiroshima fait l’objet d’une nouvelle édition chez Albin Michel, sous le titre Mourir pour le Japon, mais le titre rencontre le même succès qu’en 1983. En 1991, Les Humanoïdes Associés misent aussi sur Otomo et publie Domu : Rêves d’enfants, mais le titre ne rencontre pas le succès d’Akira. En même temps ces titres ne bénéficient pas d’un film ou d’un anime pour les porter.

En 1991 toujours, alors que le marché manga semble a peine s’ouvrir, Thierry Groensteen publie chez Casterman, le premier livre sur le phénomène manga : « L’univers des mangas – Une introduction à la bande dessinée japonaise ». Ce livre est une commande écrite en partenariat avec le CNBDI (Centre National de la Bande Dessinée et de l’Image) à l’occasion du 18ème Festival international de la bande dessinée d’Angoulême dont l’invité d’Honneur était le Japon.

La porte semble s’ouvrir doucement…

Dragonball arrive en février 1993, mais toujours via les marchands de journaux et en version fascicule comme Akira. Ces fascicules correspondent a un demi tome normal niveau pagination. Puis en mai 1993 commence a paraître l’édition « pastel » en 42 tomes. Mais entre temps Kodansha France (en vrai les éditions Presses de la Cité) ont commencé à publier Candy Candy en respectant dès le départ, le format, la tomaison et la pagination Japonaise. Évidemment on est dans les 90’s, donc pour tous ces titres, tous les dessins sont retournés pour coller au sens de lecture occidental.

Et les planches sont retournés, des fois sans avoir consulté l’auteur. Oubliez aussi la jaquette flottante ou parfois simplement la couverture originale. On est milieu des années 90, y’a pas 36 éditeurs, et ils font un peu ce qu’ils veulent niveaux adaptations. Face au succès d’Akira et Dragonball, de nouveaux acteurs apparaissent et tous veulent en priorité miser sur un titre qui a bénéficié d’une diffusion TV et qui donc sont connus du public potentiel.
Après Dragonball et Candy, sortent en vrac et sur quelques années quasiment tous les titres diffusés ou issus du Club Do’:

  • Ranma 1/2 (1994)
  • Dr Slump (1994)
  • Sailor Moon (1994)
  • City Hunter / Nicky Larson (1996)
  • Dragon Quest : La quête de Dai / Fly (1996)
  • Kimagure Orange Road/Max & Compagnie (1996)
  • Saint Seiya / Les Chevaliers du Zodiaque (1997)
  • Captain Tsubasa / Olive & Tom (1999)
  • Hokuto no Ken / Ken le survivant (1999)

Quasiment tous publiés au Japon dans les années 80 c’est néanmoins tous des incontournables que tout le monde connaît pour la plupart encore aujourd’hui.
Ils ont d’ailleurs tous bénéficié d’une adaptation animé (diffusé au Club Do) et sauf pour Candy de plusieurs rééditions/versions VF. Logiquement, dans ces prémices de publication de manga, les éditeurs veulent miser sur des titres qui sont déjà connu du public cible et qui possèdent une certaine « aura ». Cela à marché avec Dragonball, donc pas de raisons que ça ne fonctionne pas avec les autres, dont acte. En plus la plupart de ces titres vont conserver leurs noms français issus du dessin animé, pour bien être identifié par le public cible. Bizarrement des franchises TV connues et populaires comme Albator, La Rose de Versailles/Lady Oscar ou Maison Ikkoku/Juliette je t’aime ne sortiront que bien plus tard.

En parallèle et parce qu’on ne peut pas publier indéfiniment des titres tirés du Club Do’, les éditeurs défrichent et tentent des trucs en sortant des titres n’ayant pas d’adaptation anime et alors inconnus ici.

Glénat se lance avec Appleseed et Orion de Masamune Shirow en . Crying Freeman de Ryōichi Ikegami sort en , et Gunnm en mars 1995 qui bénéficiera aussi d’une sortie en fascicule chez les marchands de journaux..

En 1994 toujours, la librairie Tonkam devient dans un premier temps les éditions Tsuki-Poche avant de se fixer sur Edition Tonkam. Le directeur de Tonkam –Dominique Veret– choisi de ne pas miser sur des titres ayant bénéficié d’un anime et il misent sur des titres inconnus ici, comme Vidéo Girl Aï suivi de RG Veda et Amer Béton. Ce sont aussi le premiers à publier les mangas dans le sens de lecture japonais, à la fois pour des raisons de coût (on économise sur l’adaptation) et de respect de l’œuvre originale. Dominique Veret ayant un flair plutôt affûté pour trouver des titres porteurs et/ou fort comme Bouddah, L’histoire des 3 Adolf ou le très controversé hentaï Angel (premier manga interdit d’exposition en France) qui permettent de conquérir un nouveau public qui est demandeur. Ce que Tonkam met ici en place en respectant au maximum le matériel original, deviendra par la suite la norme, mais ça mettra encore quelques années avant de se généraliser….

Évidemment, d’autres éditeurs ont flairés le filon et commencent à s’intéresser au manga.

Fondée en 1993, la maison d’édition Le Temeraire choisi un angle d’attaque « original » et se spécialise directement dans le Hentai avec leur collection Manga X. Ils publient une vingtaine de titres (au format One Shot, sens occidental) avant de disparaître en 2000.

Dybex publie du manga dès 1995 avec des titres comme Cobra, Takeru, Devilman, Goldorak, Getter Robo Go, Golden Boy et les six premiers tomes de Berserk. En 2003 ils arrêtent brusquement de publier du manga et se concentre uniquement sur la vidéo. Les séries en cours sont stoppées sans préavis.

D’autres comme Dybex se lanceront dans l’aventure Manga avant de stopper assez rapidement. Samouraï Éditions, qui publie en 1994 des Hentai comme Ogenki Clinic avant de tenter des mangas plus traditionnels comme un tome de Berserk ou Vampire Miyu. Les éditions Kraken vivent plus ou moins un an, le temps de publier Shang Hai Kaijinzoku, Les Élémentalistes et Vaelber Saga qui ne seront pas de francs succès.

Casterman crée sa collection « Manga »  en janvier 1995 en publiant d’abord des bandes dessinées créées au Japon par des auteurs européens (Kiro, L’autoroute du soleil, Au Nom de la famille ) avant de publier Gon, L’Habitant de l’infini et L’Homme qui marche de Taniguchi.

Les éditions J’ai Lu lance également leur branche manga en 1996, avec les titres City Hunter/Nicky Larson et Dragon Quest/Fly qui paraissent au rythme d’un tome tous les mois. Comme Tonkam, ils respectent le sens de lecture original, avec les jaquettes flottantes adaptées de la version Japonaises, les mots d’auteurs sur le rabat de la jaquette, les dessins bonus entre les chapitres etc.

Manga Player est de base un supplément sur les Mangas/Animes créé en 1995 au sein du magazine de jeux vidéo Player One. Face au succès de ce supplément, c’est d’abord un magazine qui est créé, un mensuel d’environ 150 pages et constitué de quelques pages d’actualité sur le  manga et  l’animation, mais surtout de la publication de séries manga (un chapitre) par numéro. Le premier est daté d’, et Manga Player paraîtra jusqu’en . Fort de ce succès, ils publient la plupart des mangas qui peuplent les pages du magazine sous un format classique, et on voit arriver des titres comme  3×3 Eyes, Ah! My Goddess, Les Fabuleux Vapeurs Détectives, Rampou, ou You’re Under Arrest. Tout s’arrêtera officiellement -magazine et manga- en avec le dépôt de bilan de la société Média Système Édition, avant que la partie manga reparte sous le nom Pika. Si Pika reprend grosso-merdo toute la machine Manga-Player, le magazine et certains titres passeront néanmoins à la trappe durant ce changement.

Dargaud se lance également dans la course en créant en 1996 la collection Kana (qui deviendra les éditions Kana) et sont les premiers a publier du Manhwa avec Angel Dick puis Armagedon de Hyun Se Lee. En 1997 ils publient Saint Seiya et s’engouffrent définitivement dans le manga avec le succès que l’on connait.

A partir de 1996, on peut définitivement et clairement parler de « ‘boom manga » et on assiste a un essor du marché et de plus en plus de titres débarquent chez les libraires. On passe d’à peine une dizaine de titres publiés en 1994, à plus d’une quarantaine de séries différentes publiées en 1996. En vrac, paraissent des titres comme Ghost in the Shell  Bastard !! Le Roi Léo, Astroboy et Blackjack (qui seront stoppés au bout de 12 tomes). En 1997 apparaissent Détective Conan , Yuyu Hakusho, suivis en 1998 et 1999 de Neon Genesis Evangelion , Yu-Gi-Oh!, Cat’s Eye, Kenshin le vagabond, Cardcaptor Sakura ou Slam Dunk.

En 1999 la Japan Expo, les premier festival uniquement dédié aux mangas et à l’animation japonaise est organisé en France. Ce salon deviendra un rendez-vous annuel immanquable pour les éditeurs et le public.

On arrive doucement dans ce que certains appelleront « l’Age d’or du manga », les éditeurs se multiplient (Delcourt en 2001, Soleil Manga, IMHO, Ki-oon en 2003, Asuka (futur Kazé), Kurokawa en 2004) et comme on le constate, la plupart des éditeurs de BD franco-belge se sont engouffrés ou s’engouffrent dans la brèche et crée leur branche Manga suivis par des tas d’autres éditeurs… On assiste même à des tentatives de magazines de prépublications comme Kaméha, Manga Player, Magniola ou Shōnen Collection. Mais tous seront des échecs et stopperont finalement. Néanmoins malgré quelques échecs commerciaux, le public est clairement là et demandeur donc c’est littéralement l’explosion et les séries sortent (ou ressortent) par paquet. Le marché grossi année après année pour se stabiliser vers 2007-2008 avant de doucement saturer et plonger doucement vers 2010-2011… Au plus haut du pic de publication on compte plus de 1600 sorties sur l’année 2012, tout éditeurs confondus…

Et puis d’un coup, c’est la débandade, la faute a un marché saturé depuis des années par les éditeurs et dans lequel tout et n’importe quoi (ou presque) est publié. On est loin des débuts balbutiants des années 70-80 et surtout 90, où les publications étaient rares… Dans cette « période trouble » oscillant entre essor du marché et saturation, quasiment tout les éditeurs stoppent des séries qui marchent mal (voire pas) ou ferment carrément leur branche Manga. D’autres éditeurs ayant surfés sur la vague sont contraints de d’abord ralentir le rythme de sorties, puis de mettre en pause puis stopper des séries, avant de finalement devoir mettre la clef sous la porte (Kabuto et cie, Kami, Kwari, Seed-b, Booken…) avant que le marché se stabilise et reparte vers 2015. Mais au milieu de tout ça,  on peut clairement voir qu’en a peine une quinzaine d’année, le manga est passé d’un marché balbutiant à un des poids lourds du secteur. Et comme l’histoire est un éternel recommencement, encore aujourd’hui, de nouveaux acteurs voulant publier du manga apparaissent, d’autres disparaissent, des séries sont publiées, d’autres stoppent, au gré du marché et des réussites commerciales…

Mais ça c’est un autre sujet….

En conclusion, on peut dire que le chemin n’a pas été facile depuis l’apparition des mangas dans un magazine de Judo. Les tentatives ont été nombreuses et comme souvent il a fallu que plusieurs facteurs s’alignent pour que les mangas parviennent a s’installer ici et à trouver leur public. Pour finalement obtenir le succès qu’on leur connaît aujourd’hui… Si Akira et Dragonball sont clairement les premiers succès critiques et publiques, et qu’ils ont pleinement contribué a installer le genre par ici, ils sont pourtant loin d’avoir été ceux qui ont défrichés le terrain et certainement pas les premiers mangas publiés en français.

Et il est toujours bon de « rendre à César, ce qui appartient à César ».

Sources :

 

15 commentaires

  1. Merci pour cet article à la fois détaillé et concis, qui remet bien les choses en place.
    Si j’avais connaissance des grandes lignes, j’ai tout de même appris des petites choses notamment sur la toute première époque dont je ne connaissais que les tentative du magazine de Judo, du Cri qui tue, de Sabu et Ichi et de Candy, avant la folie des années 90 ^^
    En plus, j’ai vraiment apprécié tes liens et les images que tu as inséré pour qu’on puisse se faire une idée.
    Bravo !

    Aimé par 1 personne

    1. Avec plaisir, merci pour ton message. Ravi que t’ai appris quelques trucs, en m^me temps c’est plus dense qu’on pourrait le croire. Oui comme j’ai pu voir pas mal de chouettes visuels pendant mes recherches j’ai essayé d’en partager un max et d’en utiliser certains pour illustrer le billet.

      Aimé par 1 personne

      1. Oui c’est super intéressant d’avoir tout le déroulé et ça prouve que le parcours a été quand même plutôt mouvementé dirons nous ^^ et surtout de rappeler que Papy Glénat il oublie quelque pan de l’histoire (mais on dira que c’est l’âge…)

        Aimé par 1 personne

  2. Très bonne article, très complet et détaillé. J’avais déjà connaissance de quelques points par le biais de tes articles ou par vidéos sur le sujet. Mais ça fait toujours plaisir d’en apprendre plus sur le début du manga en France 🙂

    Aimé par 1 personne

  3. Merci pour cet article très intéressant, encore une fois la novice que je suis a pu apprendre beaucoup de choses 😁
    Quand on voit le marché du manga aujourd’hui, la variété des titres et le nombre d’éditeurs, c’est difficile d’imaginer que le manga ait eu autant de difficultés à se faire une place chez nous (cela dit, je vois encore des gens qui ne veulent pas en lire parce que « c’est écrit à l’envers » 😆)
    J’ai eu l’occasion de lire des tomes de One Piece publiés dans le sens occidental, c’est assez perturbant 😅

    Aimé par 1 personne

    1. Avec plaisir, ravi que t’ai appris des trucs…
      Ah clairement, le marché aujourd’hui n’a rien a voir avec celui des début même mi 90.
      Le manga c’est mème un des plus gros vendeurs actuellement…

      Meh, i z’aiment juste pas lire en vrai :p

      One Piece fait partie de ces titres dont l’auteur n’était pas au courant…

      J'aime

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