Chronique Express : Tokyo Tarareba Girls T.1

Tokyo Tarareba Girls, mais qu’est-ce que ca peut bien être? Osef, c’est,publié chez Le Lézard noir et c’est signé Akiko Higashimura donc c’est forcément du bon !

Ca raconte quoi ?

2014, Tokyo. Rinko, scénariste de séries télévisées, est une trentenaire célibataire à la carrière professionnelle épanouie. Son petit plaisir consiste à passer des soirées alcoolisées avec ses deux copines Kaori et Koyuki, elles aussi trentenaires et célibataires.
Un soir, alors qu’elles sont encore en train de se soûler dans leur bar favori, elles sont interrompues par un jeune homme aux allures de mannequin. Agacé de les entendre brailler, il les ridiculise méchamment en les traitant de vieilles filles avant de quitter les lieux.

Alors qu’elle pensait avoir encore tout son temps, Rinko réalise qu’il va falloir se réveiller si elle ne veut pas finir sa vie toute seule…

Verdict:

Si à la lecture du synopsis vous vous attendez a lire un truc de dépressif sur une femme de 33 ans et ses copines qui se plaignent de ne pas encore avoir réussi a se caser, vous vous trompez tellement !

Parce que Tokyo Tarareba Girls c’est des barres de rires à quasi toutes les pages. L’auteure a clairement pris le parti de prendre cette situation a contrepied et de s’en moquer. Attention, l’auteure se moque de cette situation, mais pas ses personnages qui eux sont plutôt premier degré face a ça. Et Akiko Higashimura traite ça sérieusement. Ce qui donne une délicieuse comédie, juste mais décalée comme il faut, avec énormément de recul sur la situation. Et malheureusement pour un gars de presque 40 ans comme moi, avec un réalisme assez cru quand aux situations exposées, et aux questions (ou conversations liées) qu’on finit tous par se poser arrivé à un certain age. Ca parle en vrac de pression sociale et personnelle, du temps qui passe, de remise en question etc. Le tout avec un ton moderne, direct et percutant, car on peut dire que l’auteure ne prend pas de gants pour dire les choses. Mais c’est toujours juste et avec ce qu’il faut de recul et d’humour pour que ça passe sans soucis.

Car Akiko Higashimura, en plus d’un humour percutant, à un style très visuel et dynamique, où les métaphores visuelles pleuvent, autant pour souligner l’état d’esprit des personnages que pour dédramatiser certaine situation. Non seulement ça rythme le récit de manière très efficace mais ça illustre aussi parfaitement l’état d’esprit du personnage face à la situation. En plus d’être drôle, ce qui ne gâche rien…  Au menu, sol qui s’effondre sous les pieds, explosions, tenue de commandos etc. qui illustrent toujours parfaitement la situation dans laquelle se retrouvent nos héroïnes. Et quand Rinko est bourré (et elle est souvent bourrée) elle commence à taper la discut’ avec Fokon et Yaka, un morceau de foie et un morceau de morue qui jouent le rôle de « conscience » pour Rinko et a illustrer ses monologues et ses introspections.

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C’est rythmé, fluide, marrant, réaliste et même introspectif. Ça se lit tout seul, c’est autant visuel que narratif et c’est servi par des personnages amusants et attachant. Et en plus c’est putôt très joli, avec un dessin rond, vif, expressif, clair et efficace. Et comme on le comprend en lisant l’excellente post-face, tout ou presque est largement autobiographique  Un peu comme son autre excellent titre, Trait pour trait. Post-face ou on apprend d’ailleurs que de base, Akiko Higashimura voulait juste « …dessiner un horrible manga sur les anecdotes de mes copines trentenaires et quadragénaires… »

C’est pas pour rien que c’est un succès dans son pays d’origine. La série à d’ailleurs été nominé au Manga Taisho 2016 et au Kōdansha Manga Shō 2016 et a remporté l’Eisner Award 2019 dans la catégorie « Best U.S. Edition of International Material-Asia » et la série fut aussi adapté en drama en 2017.

Niveau édition c’est du Lézard Noir donc bon. Par contre (et pour le bonheur de beaucoup) c’est du Lézard Noir accessible. C’est un moyen format comme toujours mais ici pas de couverture rigide, qui est remplacée par une couverture souple imprimé. Ce qui veut dire, pas de jaquette flottante. Pour le reste, impression et papier de qualité (bien qu’un poil translucide) sont au rendez-vous comme toujours. Le travail de traduction est top et les petits jeux de mots/allusions/vannes vraiment bien retranscrits. Ce qui donne une lecture fluide et dynamique exactement à l’image du titre.

Perso moi 9 tomes de cette qualité et de cette fraicheur, je signe tout de suite, tiens voilà tout mon argent M’sieu Lézard Noir…

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