Le patron est une copine [Manga de Nagabe]

L’enfant et le Maudit m’est passé totalement au dessus… Creux et comtemplatif, si je n’ai pas aimé l’histoire, j’ai adoré le coup de crayon de son auteur. Donc quand ce OS est sorti, j’me suis dit « faut redonner sa chance au produit » :p

le-patron-copine-komikkuCa raconte quoi ?

Vincent Failnail est chef de service dans une grande entreprise japonaise. Travailleur et charmant, il est très apprécié par ses subordonnées. Mais ce qu’ils ne savent pas, c’est que le soir il devient “Fal”, un travesti haut en couleur dans un club d’hôtesses ! Alors qu’il essaie de cacher tant bien que mal sa vie nocturne à ses collègues, Vincent va se retrouver au cœur d’un triangle amoureux. Son cœur va ainsi balancer entre un client du club qui s’avère être un partenaire commercial de son entreprise et l’un de ses subordonnées qui va découvrir son secret ! C’est le début d’un enchaînement événements qui vont bousculer ses habitudes et ses sentiments pour le pire et pour le meilleur !

Verdict

Nagabe est un auteur qui a une vraie patte et ses dessins dégagent une atmosphère unique. D’ailleurs avant d’être Mangaka, elle s’était fait remarquer en postant ses illustrations sur le net. C’est d’ailleurs pour ces dessins que j’avais craqué pour L’enfant et le Maudit avant d’être cruellement déçu par l’histoire…

Mais ici, rien qu’avec le titre, je sais qu’on va jouer dans un autre registre donc je retente. Et a raison ! Déjà les créatures anthropomorphes, je kiffe donc ça sent bon :p

On suit l’histoire de Falnail, chef de service d’une grosse boite le jour et travesti dans un bar la nuit. Et évidemment le tout en double-vie secrète pour pas affronter le regard et le jugement des autres… Et bien sûr, des quiproquos et des situations délicates vont placer notre personnage qui ne s’assume pas dans des situations compliquées.

Pourtant si on est rapidement face à une relation triangulaire typique , le fond et les messages transmis au fil des pages de ce tranche-de-vie, eux le sont nettement moins. Ici, nous sommes dans un récit qui joue la carte de l’humour pour traiter de romance LBGT et livrer un message positif sur la différence, l’acception de soi et le regard des autres.

Au travers d’une vingtaine de petits chapitres, on suit le parcours de Fal, son évolution, ses craintes et ses doutes. Pourtant on n’est pas face a un récit moralisateur ou donneur de leçons. L’humour omniprésent y est pour beaucoup mais pas que. Car l’autrice gère parfaitement ses personnages qui reste humains, justes et surtout ne sont pas des clichés lourdingues. Car souvent quand on parle de travesti, on tombe dans le beauf vulgaire, mais pas ici.

L’histoire et les personnages sont bien posés et la narration linéaire et fluide fait parfaitement le job. Mention spéciale à la présentation de Fal sous forme de témoignages d’employés de son service! Pour le reste, c’est clair et efficace, ça se lit tout seul, le fond ET la forme en gros…

le patron est une copine

Acceptation, compréhension et tolérance sont les maître-mots de ce One Shot. Nagabe arrive a brosser en quelques pages une situation drôle mais profonde avec des enjeux réels pour Fal mais sans dramatiser ou devenir lourd. C’est drôle, les répliques sont ciselées, on est à la limite du vaudeville et pourtant ça délivre un vrai beau message. Et ca c’est fort !

Et le tout tient parfaitement en un tome, sans être trop ou trop peu…

Le dessin on en a parlé, on aime ou pas mais le trait de Nagabe c’est quelque chose. Niveau édition, du beau Komikku comme d’hab, avec 4 pages couleurs en début de tome et des bonus à la fin.

Je terminerais ce billet, par une phrase tirée de ce One Shot qui le résume parfaitement :

« pour le moment, je profite simplement de la joie d’avoir enfin découvert qui je suis réellement. »

 

 

 

2 commentaires

  1. J’avoue que je trouve ça négatif d’aborder le thème avec des animaux anthropomorphe. Quand je me retrouve devant des personnage ainsi, j’ai tendance à les infantiliser ou à les prendre sous l’oeil de l’humour et la caricature.
    Du coup, le coté « message de tolérance » me semble tourné en ridicule.

    C’est vraiment pas un titre qui a accroché mon attention, à cause de ça justement

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    1. J’ai trouvé ça justement très malin.
      Car ça permet de désincarner les personnages (consciemment ou inconsciemment) et de laisser place au message. En plus le dessin de Nagabe empêche clairement de faire « enfantin » tout en ne « genreant » pas clairement les personnages.

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