Deathco [Manga de Atsushi Kaneko]

Depuis que j’ai lu Wet Moon et Bambi, je surveille de près les publications d’Atsushi Kaneko. Alors quand dans les rayonnages de mon libraire j’ai vu que son auteur avait sorti un nouveau titre, je me suis jeté dessus !

Ca raconte quoi?

Dans une société où n’importe qui peut s’improviser tueur à gages, Deathco fait régner la terreur. Ado gothique et mélancolique, Deathco hait le monde entier et le lui fait payer. Lorsque la mystérieuse « Guilde » met la tête d’un malheureux à prix, Deathco quitte la cave du château où elle fabrique amoureusement ses instruments de mort.

La nuit venue, Deathco sort chasser…

Verdict:

Atsushi Kaneko (Soil, Wet Moon, Bambi) est un auteur totalement barré au style graphique unique qui n’est pas sans rappeler le travail de C.Burns. Ces précédents titres ont tous été pour moi des claques, car le gars sait monter un récit et surtout le mettre en forme! On y reviendra… Et cette fois encore il nous embarque dans un univers totalement foutraque et des personnages totalement perchés comme il en a le secret !

D’ailleurs, rien que les jaquettes annoncent clairement la couleur ! 

Cette fois, Kaneko met en place un monde où n’importe qui peut devenir tueur à gages…. Ces tueurs d’âges et d’horizons différents, appelés  « reapers », obéissent à une mystérieuse organisation appelée La Guilde, qui leur propose des contrats qui consistent à tuer une cible contre rétribution. Classique contrat de tuer à gages… C’est sur ce pitch relativement simple que commence notre aventure… Mais comme toujours avec Kaneko, tout devient rapidement complétement barré, foutraque, WTF…

Dès les premières pages on est lancés dans le vif du sujet et on découvre Deathco, une gamine… Mais la gamine et bien, elle bute des gens comme d’autres enfants de son âge échangent des cartes Pokémons. Outre Deathco, notre héroïne pré-ado misanthrope et mélancolique et sa chauve-souris, la galerie de personnages abordée et déroulée dans Deathco est jouissive et complétement barrée ! Que ce soit la mystérieuse Madame et son chauffeur, les autres tueurs dépendant de la guilde ou plus simplement les victimes de Deathco, aucun n’est lisse ou vraiment anecdotique….

Et petit à petit, meurtre après meurtre, la situation et le contexte se révèlent, les pièces du Puzzle se mettent en place et on comprend. Ou on crois comprendre… Car rien n’est simple et les actes d’hier pourraient bien se payer aujourd’hui. Kaneko nous embarque dans un Univers graphique où les morts se comptent par dizaines, où on se surprend à suivre les pérégrinations de notre pré-ado tueuse, un monde où la morale n’a pas (ou plus) sa place. Dis comme ça , ça n’a pas l’air très gai, néanmoins grâce (ou à cause) des questions habilement laissées en suspens, la folie décalé de Deathco ou simplement cette mystérieuse Guilde, le titre suscite la curiosité, l’envie d’en savoir plus.. Les contrats s’enchainent et ne se ressemblent pas, les méthodes de Deathco se rapprochant plus d’un jeu que d’un assassinat comme les histoires de tueurs à gages nous en avaient donné l’habitude. Car faut avouer qu’elle est un tout petit peu dérangée la petite mais ça permet d’apporter la petite touche « amusante » et décalé qu’il faut. Kaneko nous entraîne ici dans une danse macabre et furieuse, un festival de violence et d’hémoglobine, un trip jouissif et libérateur !

Deathco c’est donc un récit barré et efficace qui fait pas dans la dentelle mais c’est aussi et surtout une claque graphique, une mise en scène soignée, un découpage dynamique et nerveux, bref une expérience visuelle. Et le thème est vraiment propice a ce que Kaneko se lâche et nous livre un petit bijou de noirceur et de violence en 7 tomes, servis par un dessin léché et appuyant encore plus le propos.

C’est clairement un titre qui ne plaira pas à toute le monde, une certaine « culture graphique » et un certain amour pour le genre slasher movie étant un vrai plus pour apprécier et saisir toutes les subtilités de ce titre. Parce que oui, sous le sang, y’a quand même un peu de subtilité, des personnages bien écrit et une petite histoire qui sans révolutionner le genre, tient parfaitement la route… Un titre à ne pas mettre entre toutes les mains clairement, outre le style graphique particulier et explicite, la lecture de certains passages pourrait choquer les plus jeunes ou les âmes sensibles^^

Par contre si vous avez envie de découvrir un univers totalement barré, où le sang coule à flot et dans lequel on peut même y gratter un petit fond de questionnement, alors foncez !

Niveau édition, comme souvent Casterman livre un taf impeccable. Et avec le dessin de Kaneko, il faut absolument une impression nette et sans bavure, bien noire sur un papier bien blanc, ce que Casterman à très bien compris…

Le trailer :

2 commentaires

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s