City Hunter/Nicky Larson (Manga de Tsukasa Hojo)

Si vous êtes amateur de manga, ou que vous avez grandi dans les 80-90’s, impossible que vous n’ayez jamais entendu parler de City Hunter / Nicky Larson… C’est d’ailleurs le premier manga papier que j’ai acheté et qui m’a fait plonger dans cet univers…

city-hunter-j-ai-luCa raconte quoi ?

Ryô Saeba, plus connu sous le nom de City Hunter est un célèbre nettoyeur qui « travaille » a Shinjuku. Réputé le meilleur du milieu, il est craint par les yakuzas, les bandes organisées, les petites frappes mais aussi les grandes organisations criminelles.

Moyennant finance, il accepte n’importe quel travail de « l’ombre » ; de la filature au meurtre en passant par la protection rapprochée ou le vol…

Suite à une affaire plus difficile que les autres mettant en scène un sombre cartel de drogue et leur produit « miraculeux », la poussière d’ange (une drogue permettant à celui qui la prend de ne plus ressentir la douleur et même de momentanément ignorer la mort), le partenaire de Ryô, Hideyuki Makimura, un ancien policier, se fait mortellement blesser et finit par mourir dans les bras de Ryo, non sans lui avoir fait promettre de veiller sur sa sœur.

Ryo se retrouve avec sur les bras la sœur de Makimura : Kaori. Elle va devenir son assistante, mais surtout la seule personne à pouvoir réfréner les ardeurs de Ryo !

En effet, même s’il est le plus réputé des nettoyeurs, c’est avant tout un obsédé et un coureur de jupons qui n’accepte que les missions confiées par de très jolies filles…

Pourquoi c’est culte ?

Œuvre culte de Tsukasa Hojo après Cats Eye, City Hunter (plus connu chez nous sous le nom de Nicky Larson) a fait les beaux jours du Club Dorothée dans les années 90 et a biberonner toute une génération de gamins, dont moi. Cependant, il existe une sacrée différence de ton entre la version TV (surtout la VF) et le manga, celui-ci étant nettement plus cru, noir et explicite.

Au programme : trafic d’êtres humains, de drogues, meurtres, assassinats, vengeance, prostitution, j’en passe et des meilleures… Alternant avec brio passages d’actions et passages comiques (qui sont généralement causés par Ryô et sa libido exacerbée, mais pas seulement) les enquêtes, elles, sont plutôt sérieuses, Car même s’il est résolument comique et décalé dans sa narration City Hunter est un manga fondamentalement noir. Le dessin de Hojo ne fait d’ailleurs pas très Shonen et est quand même assez éloigné des classiques du genre !Alternant avec brio passages d’actions et passages comiques (qui sont généralement causés par Ryô et sa libido exacerbée, mais pas seulement) les enquêtes, elles, sont plutôt sérieuses. Car même s’il est résolument comique et décalé dans sa narration City Hunter est un manga fondamentalement noir. Le dessin de Hojo ne fait d’ailleurs pas très Shonen et est quand même assez éloigné des classiques du genre !

Dessin qui est beau, clair et réaliste sans devenir lourd, Hojo a réussi à inscrire son manga dans un univers réel (pas de super-pouvoirs, de monstres ou de monde parallèles), l’action se déroule vers la fin des années 80 et les lieux comme les véhicules ou encore les armes sont inscrits dans la réalité de l’époque et fidèlement reproduits, ce qui permet notamment une immersion plus facile et une meilleure identification aux différents personnages.

Ryô est clairement un anti-héros, (dans l’esprit d’un Cobra ou d’un Lupin, un peu « loser » sur les bords…) et malgré des capacités au combat ou pour le maniement des arms, hors du commun, c’est surtout un coureur de jupons invétéré qui passe de prime abord pour un pervers peu fiable et obsédé par ses (trop) jolies clientes.

city hunter

Néanmoins Ryô sait se montrer efficace quand la situation l’exige et malgré des méthodes parfois surprenantes et peu orthodoxes, il se révèle être au final un homme, un vrai sur qui on peut compter quand il le faut ! C’est aussi tout cela qui rend le personnage attachant, mais aussi humain malgré ses capacités hors du commun et sa perversion inimitable (visite nocturne, me voici ^^) ce qui en fait un des personnages les plus loufoques mais aussi un des personnages les plus badass et charismatique du shonen game. D’ailleurs pour moi , tous les pervers du genre qui suivent et peuplent les pages de pas mal de titres (Onizuka P.ex) découlent tous un peu de Ryô…

Le manga est composé des différentes affaires sur lesquelles Ryo et Kaori (et accessoirement Umibozu, Saeko, Reika et cie.) vont être amenés à travailler : boulot de garde du corps, vols, meurtres, récupération d’objet ou de personnes (une affaire s’étalant généralement sur une quinzaine de chapitres). Sans liens entres-elles (ou rarement) ces affaires ponctuent le titre tout du long mais plus que ces affaires, c’est plutôt les interactions entre les différents protagonistes réguliers de la série, mais surtout leurs relations qui tiennent vraiment lieu de fil rouge tout au long du manga. Un mélange entre shonen et tranche de vie si on veut, l’action en plus. Hojo (grâce notamment à un travail de documentation énorme sur les armes, la police, les gangs et autres milice ou armé privée) maitrise de main de maître son sujet et ses personnages, leur donnant un ton et une épaisseur et créant ainsi des situations rarement abordées dans un Shonen du Jump même aujourd’hui.

Dans cette construction de l’intrigue on peut voir Ryo se faire régulièrement gruger par ses « amies » qui lui confient les enquêtes les plus impossibles, en échange de faveurs à caractère clairement sexuel, (faveurs qu’il n’obtient d’ailleurs jamais) et ce au grand dam de Kaori et de ses différentes massues.^^  Mais plus que pour ces faveurs, c’est surtout par amitié et parce que c’est dans sa nature que Ryô choisi de les aider. Ce qu’on comprend rapidement lors de notre lecture mais aussi via la palette de personnages tertiaires qui peuplent Shinjuku et qui sont tous prêt a donner leur vie pour Ryo et Kaori…

Le fil rouge de départ (Le cartel Union Teope) présent dans les 2-3 premiers volumes n’est d’ailleurs plus mentionné pendant quasiment 30 volumes et pourtant c’est le retour de cet antagoniste qui permet notamment de conclure la série et de répondre a un paquet de questions, comme les origines de Ryo ou d’ou viennent ses aptitudes…

La série est largement saupoudrés de « running-gag » comme, par exemple, Kaori qui, avec ses cheveux court et son look de garçonne, est souvent présentée comme « Kaoru le petit frère de Ryô » ou plus simplement les célèbres massues de Kaori et ses « punitions divines » sans oublier les fameux coucou/mokkori réguliers et inopinés de Ryô…

Et la série prend bien le temps de se conclure (pour une fois) et on a pas droit a une fin baclée abruptement en 1 ou 2 chapitres comme beaucoup de shonen du Jump. Ici Hojo prend bien bien le temps de répondre aux questions qui restaient en suspens vis a vis de quasdi tous les personnages et nous donne ce dénouement tant attendu mais de manière subtile en evitant un dénouement convenu et prévisible dans son déroulé ! Pour le reste on est dans du Shonen manga donc…

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S’inscrivant dans la mouvance humaniste initiée notamment par Osamu Tezuka, City Hunter, malgré des passages noirs et crus, sait aussi se montrer touchant et émouvant et vous arrachera régulièrement une larme lors des différents dénouements et autres passages plus introspectifs/émouvants. Car Hojo a un vrai talent pour vous tirer des larmes et pour mettre en place des situations et des dénouements « lacrymale ». C’est aussi une des force de la série, alterner action, humour et émotion de manère subtile et savante  sans basculer bétement dans la guimauve ou dans l’action pure et dure…

Comme avec Tezuka , il n’est d’ailleurs pas rare de voir Hojo se mettre en scène dans son manga pour briser le 4e mur et on peut notamment voir Ryô lui reprocher de lui filer essentiellement des missions de garde du corps.

Un titre tellement culte que outre son adaptation anime, des Oav’s, on compte des films live et même un Drama… Et regulièrement en plus, car la série bénéficie souvent d’actualités comme récemment un Isekai tiré de la série : City Hunter Rebirth . Culte je vous ai dit !

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Dans nos contrées francophones, on peut trouver 2 versions/éditions de City Hunter ;

  • Celle de J’ai lu édité en 1996 et comprenant 36 tomes (au lieu de 35 au Japon) ;
  • L’Ultime de Panini (qui n’a d’Ultime que le nom) en 32 tomes avec une nouvelle traduction.

Aucune de ces 2 éditions ne rend pour moi complètement justice a ce monument du manga, ma préférence allant néanmoins à l’édition J’ai lu pour son côté nostalgique, mais surtout car c’était à l’époque (1996) un des premiers manga à proposer les jaquettes japonaises, le sens de lecture oriental et même le mot de l’auteur sur le rabat de la jaquette.

Devenu aujourd’hui une référence, City Hunter est un manga qui continue plus de 30 ans après ses premières publications à trouver sa place auprès d’un nouveau lectorat et à enchanter son public !

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